Activités Technologiques

Feilleton de l’automne

juin 2005 par Webmestre AEAT

Feuilleton de l’automne

Résumé de l’épisode précédent 
(bulletin N° 155 « feuilleton de l’été : nouveaux programmes ») :

-  Fin juin, M. Secrétan remet aux associations un projet de programme pour la technologie au collège en classe de 6° et de 3°.

-  En juillet le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) vote la grille horaire du collège pour la rentrée 2005 (2h prof en 6°, 1h30 élève en 6°, 5°, et 4°, 2h élève en 3°) toujours pas de groupe en technologie sauf en 6°

-  Le front commun des associations et des syndicats continue et envoie un courrier à M. Fillon, ministre de l’Education Nationale, le 8 juillet demandant l’abandon de la rénovation des programmes et refusant la consultation.

Nouvel épisode

Malgré la rencontre de l’Assetec le 22 juillet 2005 avec le directeur de cabinet, M. FAUGERE, et le conseiller technique, M. PATOZ, la profession obtient pour seule réponse à ce courrier, la publication des projets de programmes en l’état.

Entrevue entre monsieur le directeur de cabinet, monsieur le conseiller du ministre de l’Education Nationale et l’association ASSETEC, le 22 juillet 2004

Présents :  Le directeur de cabinet, M. FAUGERE,
       Le conseiller technique, M. PATOZ,
        L’ASSETEC  : Mme ESCH, Mme LEFRANCOIS, M. PICHOT.

A notre demande, Monsieur FAUGERE et Monsieur PATOZ ont bien voulu nous accorder une entrevue dont le thème principal était les conditions (horaires et matérielles) de mise en oeuvre des nouveaux programmes.

Les horaires :

Nous avons abordé ce sujet dés le début de l’entretien. Pour étayer nos propos, nous avons présenté le communiqué rédigé au départ conjointement par le SNES et l’ASSETEC puis signé par le SE UNSA et le SNCL et l’ASSETEC.

Mais, suite aux décisions prises au CSE du 18 juin 2004 concernant la troisième (à la demande des représentants syndicaux), il ne peut y avoir de publication au BO d’un texte venant en contradiction avec la grille horaire parue le 15 juillet : à savoir 2 heures sans précision sur les effectifs.

Par contre des préconisations pour des constitutions de groupes à effectif restreint seront écrites dans les programmes et les documents d’accompagnement. Une lettre de cadrage recommandant des organisations au niveau local du type “2 classes 3 groupes” sera envoyée. Cette position sera, du reste, transmise aux recteurs ; tout en sachant que nous sommes bien sûr dans une logique de décentralisation avec le risque de retomber dans les travers précédemment vécus dans les établissements.

Les dates :

Les nouveaux programmes de 6° et 3° sont consultables sur le site de la DESCO (http://www.eduscol.education.fr/D0127/accueil.htm) et les remarques devront remonter avant Novembre 2004 ; les programmes seront mis en expérimentation à la rentrée 2004 par une vingtaine de professeurs et les documents d’accompagnement rédigés par ceux-ci devront être terminés pour Février 2005 et publiés pour Mai 2005.

Les nouveaux programmes de 6° et 3° s’appliqueront à la rentrée 2005.

Pour les programmes de 5° et 4°, ils sont en train d’être écrits et sortiront en mars / avril 2005 pour une application en septembre 2006 (5°) et septembre 2007 (4°). Ils sont écrits pour les horaires actuellement en vigueur qui restent inchangés.

La formation :

Les IPR en charge de la discipline bénéficieront d’une information commune. Il est envisagé d’organiser des séminaires académiques au cours desquels des membres du groupe de travail viendraient expliciter les contenus des programmes.

A charge ensuite à chaque académie d’organiser son propre accompagnement des nouveaux programmes.

L’équipement  :

Un guide d’équipement sera publié lorsque suffisamment de matériels auront été développés par les didacticiens afin d’identifier les typologies de produits intéressantes. Ils sont déjà à l’oeuvre. L’effort financier demandé aux conseils généraux ne sera pas plus important qu’il n’est actuellement et une partie du matériel déjà en fonctionnement dans les établissements pourra être réutilisé.

Sur le contenu des programmes :

M. PATOZ a insisté sur la part importante laissée à la créativité de l’élève dans les nouveaux programmes de troisième, ce qui n’était pas flagrant dans les programmes actuels.

Une précision sur l’emploi du terme “démarche d’investigation” que l’on retrouve par exemple dans le préambule. Pour M. PATOZ, c’est observer un objet sous différents axes, celui de l’analyse fonctionnelle (comment ça marche), celui de son esthétique (son design), celui des matériaux, celui de l’évolution historique de l’objet, celui de sa fabrication (comment c’est fait), avec une possibilité de poursuivre avec “par qui c’est fait” mais pas “combien cela coûte ?” car en 6° cette notion (qui fait appel à de nombreux postes virtuels de dépenses) est considérée comme difficile à faire passer. Dans un souci de transversalité avec les sciences, ce terme a été choisi mais ne recouvre pas la même démarche que pour ces dernières et il est possible que ce terme disparaisse car pouvant prêter à confusion.

Les scénarios n’existeront plus en 5° et 4°. Les thèmes de l’habitat, des automatismes et de la robotique devraient être abordés.

Nous avons insisté sur l’intérêt aussi bien technique que culturel de “l’industrialisation” que nous aimerions bien voir abordée sur l’un de ces niveaux. Nous avons aussi parlé de l’intérêt de l’introduction en 6° d’une partie “modélisation” qui permettrait à l’élève d’être actif et créateur en transférant ses connaissances acquises à la suite de l’observation et de la manipulation de maquettes. Cela permettrait, de plus, à l’enseignant d’évaluer le niveau de compréhension de ses élèves.

Nous remercions M. FAUGERE et M. PATOZ pour le temps qu’ils ont bien voulu aimablement nous consacrer.

Imperturbable, le ministère ouvre sur son site, la consultation jusqu’au 15 octobre. Dès le retour des vacances, le front commun des associations et les syndicats cherchent comment se déroule cette consultation dans les académies et n’obtiendront jamais de réponse. Face à cette consultation, les réactions sont diverses, les actions aussi. Le front commun des associations et les syndicats unanimes décident d’écrire à nouveau au ministre de l’Education Nationale.

 


 

SE-UNSA SGEN-CFDT SNES-FSU UNSEN-CGT
AEAT AEET PAGESTEC ASSETEC

 

 

A Monsieur FILLON

Ministre de l’Education Nationale

Ministère de l’Education Nationale

110 rue de Grenelle

75007 PARIS

GJ/YC/

Paris, le 21 septembre 2004

Monsieur le Ministre,

Nos organisations souhaitent attirer votre attention sur la consultation sur les programmes de technologie collège.

Cette consultation décidée sans concertation, s’engage assez mal. Les collègues de technologie ont une surcharge de travail à la rentrée et sont inégalement informés d’une consultation mi-septembre, or celle-ci sera terminée le 15 octobre.

Il semble difficile dans ces conditions d’avoir une réelle implication des collègues à la mesure des enjeux de cette refonte des programmes.

Quelles dispositions particulières pensez-vous mettre en œuvre pour une véritable consultation nationale qui laisse le temps à la réflexion et aux propositions ?

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de nos salutations respectueuses.

Les Secrétaires généraux
SE, SGEN, SNES, UNSEN, ASSETEC, AEAT, AEET, PAGESTEC


Un exemple de consultation bien menée que le ministère n’a pas pu ignorer, bien qu’elle ne nous ait pas été communiqué par la voie hiérarchique : dans l’académie de Rennes, la synthèse est réalisée par des enseignants.

Date : mercredi 13 octobre 2004 Lettre adressée au président de l’AEAT.

Objet  : Consultation des programmes dans l’académie de Rennes, contribution générale.

Bonjour Monsieur le Président,

Je suis chargé de faire part à votre association de la contribution générale dans l’académie de Rennes. 200 professeurs se sont exprimés (j’ai bien dit 200 !)

Notre opinion s’ajoutant à celle des autres. Nous vous demandons de bien vouloir publier ce travail. Si cela est permis toutefois. Merci. Voici le texte introductif et la consultation elle-même ci-après.

Cordiales salutations. Merci pour votre soutien.

Des réunions de consultation sur le projet de nouveaux programmes ont été organisées dans l’académie de Rennes ces derniers jours. Afin de contribuer au débat, une synthèse générale émanant de la participation de plus de 200 professeurs a été rédigée par une équipe de professeurs de technologie. Ils vous font part de la réflexion commune.

Equipe de rédaction :
Eric BARBIER, Jean-Yves BLAISE, Jean-François BOISGERAULT, Joël BRIEND, Philippe DOUARD, Patrick EVENNOU, Geneviève SINTES, Jean-Michel GRALL, Marie-Christine GUINGOUIN, Brigitte LE GUERROUE, Pierre LE GUISTIN, Christophe LEGALL, Noëlle LUCAS, Jean-Marc PORTANGUEN, Didier QUIDU, Jean-Michel SOUARNEC, François TROCME.

Copie transmise aux associations ci-après :

PAGESTEC

AEAT

AEET

ASSETEC

Cordiales salutations et bonne lecture.

Notre contribution

AVANT PROPOS

Les enseignants souhaitent faire des remarques préalables :

1. Les textes sont parus en fin juillet, c’est à dire en pleine période de vacances, ceci a pour conséquences que bon nombre de professeurs de technologie n’en ont pas eu connaissance à cette époque et n’ont donc pas pu les consulter suffisamment tôt.

2. La consultation des nouveaux textes a été officialisée à la fin du mois de septembre, avec des délais de consultation très courts ce qui empêche toute réflexion approfondie.

3. Le cadre de la réflexion sur les propositions de programmes a été figé par la proposition d’une grille d’évaluation qui atténue les possibilités d’ouverture et de réflexion plus globales. On demande aux professeurs de technologie de se positionner par rapport aux nouveaux textes sans les mettre en parallèle avec les programmes actuels. Ce cadre fixé est trop rigide pour avoir une réflexion globale sur les enjeux d’un enseignement technologique en tant que composante de la culture générale de l’élève au 21ème siècle.

4. Les professeurs qui se sont exprimés, estiment que rien aujourd’hui ne justifie une refonte aussi profonde des programmes, le rapport de la commission Joutard était plutôt positif quant aux effets de l’enseignement de la technologie tel qu’il a été pratiqué jusqu’à aujourd’hui. La profession s’interroge sur cette volonté délibérée de casser ce qui existe pour mettre en place une autre logique qui ne trouve pas de sens auprès des enseignants de technologie et suscite l’incompréhension et le découragement.

5. Pourquoi et comment se prononcer sur des programmes et leur cohérence quand on en connaît que les extrémités ? Les textes apparaissent comme non aboutis, comportant des contradictions, des erreurs pédagogiques et ne donnant pas une vision claire de ce que l’on attend aujourd’hui d’un enseignement technologique de qualité.

6. Les textes semblent ne pas tenir compte des enseignements apportés par les expériences du passé. On connaît les limites d’une éducation technologique basée sur l’étude d’objets existants, on connaît aussi les retombées positives d’une pédagogie basée sur l’action où l’élève est placé en situation d’agir.

7. L’abandon des unités informatiques fait partie des choix que l’on ne comprend pas.

8. Dans les nouveaux textes, la seule finalité de la technologie semble se résumer à éduquer l’utilisateur et le consommateur. Nous devons former des citoyens avant tout.

9. Les textes proposés mettent également en évidence un décalage important entre des intentions louables et une réalité de terrain.

10. Les conditions d’enseignement ne sont pas définies dans les projets de programme :

effectifs (groupes limités à 18 élèves maximum)

formation des enseignants

équipements nécessaires

11. L’orientation n’est pas une spécificité de la technologie mais de l’ensemble de l’équipe éducative.

12. La technologie a subi une critique injustifiée venant d’un précédent ministre qui pour la caricaturer, l’assimilait à l’étude d’objet dont il ne voyait pas l’intérêt alors que personne ne le faisait. Aujourd’hui on voudrait que l’enseignement de la technologie trouve son essence et son avenir dans l’étude d’objets. Pourquoi adopter un programme imparfait, qui suscite beaucoup d’interrogations, alors que l’actuel satisfait les élèves, les parents et les professeurs.

ANNEXE
CONSULTATION SUR LES NOUVEAUX PROGRAMMES DE TECHNOLOGIE

Le préambule

Les finalités

Les finalités décrites dans le préambule vous paraissent-elles appropriées à la discipline ?    NON

Au moment où cette discipline a du subir des attaques injustes qui la caricaturent, la mise en oeuvre de cette déconstruction bâclée achève de la déconsidérer.

Les nouvelles missions données à la technologie ne sont pas réellement identifiables et parasitées par de nombreuses ambiguïtés. Il n’y a pas d’architecture claire. La technologie apparaît toujours citée au service des sciences. La technologie doit exister en tant que discipline et garder son identité propre.

Ajouts proposés

La technologie par ses approches (une démarche de projet simplifiée) et ses activités (fabrication de produits et réalisation de services) apporte une contribution originale et spécifique à la construction d’une culture commune à tous les élèves.

Suppressions proposés

Toute occurrence du terme consommateur (à remplacer par acteur ou citoyen).

Que la science et la technologie ont une histoire commune … et son histoire s’inscrit dans celle des sociétés

Complétez les tableaux ci-après

Continuité « école-collège ” 

Points positifs 

Points négatifs

Les projets de programme entretiennent la confusion entre sciences et technologie.

Les projets de programme s’appuient sur les acquis du primaire. Ceux ci sont très disparates entre les écoles et les élèves d’une même école.

L’élève est placé dans un simple rôle de consommateur (position très restrictive).

Autre proposition 

    L’élève a découvert en primaire par le biais des montages de science appliquée, des phénomènes physiques. Il doit maintenant apprendre à distinguer sciences et technologie pour pouvoir aborder sans confusion le cours de technologie et le cours de physique au collège.

Il doit maintenant prendre conscience que la plupart des objets sont issue d’une production industrielle dans un contexte économique.

Nécessité d’une évaluation fin d’école élémentaire. 

Organisation de l’enseignement 

Points positifs

Points négatifs

Les projets de programme entretiennent la confusion entre sciences et technologie.

Les projets de programme s’appuient sur les acquis du primaire. Ceux ci sont très disparates entre les écoles et les élèves d’une même école.

L’élève est placé dans un simple rôle de consommateur (position très restrictive).Autre proposition 

La pédagogie du thème remplace les pédagogies liées aux réalisations concrètes. C’est une régression.

Il n’existe pas suffisamment de cohérence entre le cycle d’adaptation, le cycle central et le cycle d’orientation.

Cycle d’adaptation :

Place trop importante donnée à l’investigation.

L’enseignement ne doit pas être centré sur l’observation mais sur la réalisation.

Cycle central et d’orientation :

Comment peut on organiser un enseignement dont les contenus nous sont inconnus ?

La technologie n’a pas pour vocation de construire le projet d’orientation de l’élève. Le rôle premier de la technologie est de donner une culture technologique à l’élève. 

Autre proposition

L’enseignement doit s’articuler autour de réalisations et non de thèmes.

Au cycle d’adaptation, l’enseignement est centré sur des réalisations simples (et non des objets techniques)

Comment c’est fait, comment ça marche et comment réalise-t-on ?

Comme (et pas plus que) les autres disciplines, la technologie contribue par ses apports à la construction du projet d’orientation de l’élève.

En conclusion, il nous apparaît indispensable de revoir avec précision les contenus avant d’en envisager l’organisation.

Pourquoi ne pas s’inspirer des éléments positifs du programme actuel ? 

Démarche pédagogique

Points positifs

Points négatifs

Qu’est ce que la démarche d’investigation ? 

Autre proposition 

  Remplacer démarche d’investigation par démarche de projet.

La démarche de projet doit rester le fil directeur de la pédagogie en technologie et ne doit pas être abandonnée au profit de la démarche d’investigation propre aux sciences expérimentales.

Il faut remettre au centre des programmes des activités de fabrication, de manipulation. 

Les supports d’enseignement

Points positifs

Points négatifs

On ne peut se satisfaire d’une simple recommandation sur les effectifs.

Autre proposition 

  L’organisation générale des activités de fabrication et de réalisation ne peut être conduite qu’avec un nombre limité d’élèves. La constitution de groupes autour de ses activités est une nécessité pédagogique reconnue dans toutes les activités d’apprentissage technique. Des contraintes liées à la pédagogie, la sécurité des biens et des personnes le justifie. Aussi la taille des groupes devra être limitée de 16 à 18 élèves.

Les DGH devront être abondées en conséquence.

L’équipement en technologie des collèges est déterminant pour la réussite de la mise en oeuvre des programmes. Ils doivent être précisés par des textes officiels. 

Lecture des programmes : présentation des contenus d’enseignement, précisions sur les niveaux d’approfondissement. 

Points positifs

L’apparition des niveaux exigibles par compétences mais les niveaux retenus sont ils bien adaptés à la technologie ?

La place donnée à l’évaluation notamment formative. 

Points négatifs

Ambiguïté de certains termes utilisés dans le projet de programme.

Autre proposition 

La place des TIC dans l’enseignement de la technologie.

Points positifs

La diversité des usages est mise en avant.

Points négatifs

La croyance que la maîtrise des usages des outils numériques n’exige aucune structuration des connaissances..

Autre proposition 

Une phase d’évaluation des acquis dans les domaines du traitement de texte et, de l’utilisation d’Internet doit être mise en place en fin d’école élémentaire. Une phase de remédiation pourra être mise en place.

Autres remarques et suggestions.

Comment peut-on espérer réaliser des programmes cohérents si on ne travaille pas simultanément sur les programmes, validés par expérimentation, de la sixième à la troisième ?

Ce programme impose d’énormes investissements en logiciels, maquettes. Ne risque-t-on pas une dérive vers le tout virtuel ?

Il faut définir le sens des mots : maquette, démarche d’investigation,

Les raisons du changement du programme n’apparaissent pas

Quel bilan du précédent programme ? 

LE CYCLE D’ORIENTATION, TROISIEME

Quel est votre avis sur les orientations générales du programme

La première réalisation a particulièrement attiré notre attention. La technologie « discipline d’enseignement général » y est particulièrement remise en cause pour ne devenir qu’une discipline au service des autres enseignements, sans identité propre.

Le professeur de technologie ne peut en aucun cas remplacer ou suppléer le conseiller psychologue d’orientation. C’est un autre métier !

Le deuxième point (le produit pluri technologique et un service) fait référence aux acquisitions des niveaux précédents qui ne sont pas définis dans les projets de programmes.

Les réalisations

Analyse et formalisation des contraintes

Point de vue général 

Nous refusons d’être le prestataire de services, autour du thème du projet personnel de l’élève. Ce travail doit être sous la responsabilité de toute l’équipe éducative.

Il est illusoire de penser que tous les élèves s’investissent avec la même motivation dans leur projet personnel s’ils envisagent une orientation vers un lycée ou une orientation vers un secteur professionnel.

L’équipement technique actuel ne permet pas de mener de front (premier tiers de l’année) toutes les activités «  informatiques » dans toutes les classes de troisième d’un établissement. 

Ajouts proposés 

Réaliser un produit numérique autour d’un centre d’intérêt personnel de l’élève (culturel, artistique, d’orientation.) permettant une réflexion autour du thème choisi tout en suivant la démarche de projet.

L’élève pourrait ensuite réinvestir les connaissances acquises en technologie à d’autres fins.

Le thème peut-être traité à d’autres moments de l’année.

  Suppressions proposées

Supprimer le sujet imposé « en relation avec son projet personnel » et supprimer également « la technologie participe (.) à la finalisation du projet personnel. »

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Fournir un cahier des charges précis et une trame d’évaluation pour le produit réalisé. 

Recherche et collecte de l’information

Point de vue général 

Seule une collecte numérique est proposée sans tenir compte des multiples ressources « papier » disponibles dans nos CDI. 

Ajouts proposés   

Suppressions proposées  

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement   

Réalisation du produit numérique

Point de vue général 

Trop grande diversité de sujets au vue de l’hétérogénéité des élèves et des différences de motivations. Problème de faisabilité liée à l’équipement. 

Ajouts proposés   

Suppressions proposées  

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement   

Deuxième réalisation : Développement d’un produit pluri technologique et production d’un service

Analyse et formalisation des contraintes

Point de vue général

Nous refusons d’être tributaires du contexte technico-économique de la région, car nous pensons qu’il est facteur d’énormes disparités d’une région à l’autre.

La technologie veut rester une discipline d’enseignement général, autour d’une démarche de projet.

Difficile d’avoir un avis sur le réinvestissement des pré requis qui ne sont pas encore définis. C’est un autre métier. 

Ajouts proposés   

Suppressions proposées  

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Définir un cadre suffisamment clair pour éviter les dérives

Recherche et choix de   solutions

Point de vue général 

Ajouts proposés  Suppressions proposée

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Réalisation et validation du produit pluri technologique

Point de vue général

Ajouts proposé

Suppressions proposées 

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Production du service

Point de vue général

Il y a une ambiguïté à lever. Quel sens donne-t-on à « production d’un service » ? Faut-il l’entendre dans le sens présenté dans le scénario actuel de quatrième ou faut-il tout simplement assimiler toutes les tâches tertiaires liées au projet comme étant de la production de service ?

Ajouts proposés

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement 

Réalisation du dossier de synthèse

Point de vue général

Ajouts proposés

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Autres remarques et suggestions.

Les enseignants ont besoin et ont droit à une formation d’accompagnement pour la mise en place de nouveaux programmes.

Les groupes allégés toute l’année sont indispensables pour un travail de qualité, et les besoins réels doivent être pris en compte dans les technologique

Un projet individuel nécessite un micro-ordinateur par élève.

Il ne faut pas que la technologie soit assimilée à l’orientation et plus particulièrement à l’orientation vers les filières technologiques industrielles.

LE CYCLE D’ADAPTATION, SIXIEME

Quel est votre avis sur les orientations générales du programme (I. Présentation)

Le programme actuel de 6° satisfait l’ensemble des collègues, des élèves et des parents ; pourquoi le changer sans en avoir fait un bilan ?

Pourquoi ne pas reprendre et améliorer ce qui existe ?

Pourquoi imposer un thème ? De plus aussi spécifique que les transports ?

Nous avons de grosses inquiétudes sur cette démarche d’investigation d’un niveau ambitieux et trop théorique. Nous devons valoriser la démarche de projet, détour pédagogique motivant pour des enfants de 11 ans. Il faut privilégier les réalisations (2/3 de l’année).

Parmi les cinq approches choisies quatre privilégient l’observation et une seule l’action (cela se retrouve au niveau de la répartition horaire, seulement 15 heures pour la réalisation).

La référence récurrente aux acquis de l’école élémentaire indispose. Il faut au contraire montrer toute la différence qu’il peut y avoir entre sciences et technologie.

TICE : Les élèves de 6° n’ont pas les pré requis pour utiliser l’outil informatique, il faudrait un ensemble de compétences minimales exigibles en fin d’école élémentaire.

Quel est votre avis sur les cinq approches d’enseignement (II. Contenus)

Le fonctionnement de l’objet technique

Point de vue général

Les exemples d’activités sont dans l’ensemble irréalistes pour des enfants de 6° ainsi que les compétences liées (pré requis dans les TIC et maîtrise supposée des langues étrangères totalement déconnectés de la réalité).

Ajouts proposés

Imposer pour toutes activités des groupes de 16 à18 élèves maximum.

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Les matériaux

Point de vue général

L’étude des matériaux doit être en relation directe avec les réalisations

Pas d’apport de connaissances hors contexte. 

Ajouts proposés

Intégrer l’étude des matériaux à une fabrication pour donner du sens à cette partie du programme.

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

Privilégier la partie réalisation pour aborder la connaissance des matériaux. 

Les énergies

Point de vue général

Attention à la dérive vers la physique ! A mieux répartir au cours des différentes activités. Et surtout à exploiter dans le cadre d’une fabrication élève.

Ajouts proposés

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement 

Evolution des objets techniques

Point de vue général

L’évolution des principes techniques est peu accessible au niveau 6°. 

Ajouts proposés

Suppressions proposées  

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

La réalisation

Point de vue général

L’élève de 6° ne demande qu’une chose : fabriquer.

L’application actuelle des programmes nous permet de penser qu’il est indispensable de maintenir 2 fabrications élève dans l’année dans 2 domaines de la technologie (d’où 2/3 temps de réalisation).

L’abondance d’activités TIC lors de cette réalisation va conduire l’élève à passer plus de temps devant un ordinateur qu’à réaliser.

Ajouts proposés

Doubler ou tripler le temps consacré aux réalisations

Imposer le travail en groupe de 16 à18 élèves maximum

Suppressions proposées

Orientations souhaitées pour le document
d’accompagnement

La réalisation de la notice dans la langue étrangère étudiée est du domaine de nos collègues linguistes. 

Autres remarques et suggestions.

Pour garder du crédit à la discipline, l’ensemble de la profession s’accorde pour considérer le programme actuel de sixième comme étant bien réfléchi pour démarrer le cycle d’observation au collège et demande de le conserver.

Insérer une partie TIC visant une mise à niveau des élèves dans l’utilisation du traitement de texte, d’Internet et de la manipulation de fichiers.

Un autre exemple : Académie de Dijon, la synthèse est réalisée par les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR).

Rectorat

51, rue Monge

BP 1516

21033 Dijon cedex

Inspection Pédagogique Régionale

Tél. : 03 80 44 87 11

Télécopie 03 80 44 86 95

Synthèse de la consultation sur les projets de programme de Technologie au collège

Près de 60 % des collèges de l’académie (58 %) ont répondu au questionnaire par la voie électronique principalement, dans les délais très courts impartis. Les réunions se sont déroulées dans les établissements ou parfois par secteur géographique, le plus souvent en dehors des heures de cours, à l’initiative de professeurs ou de chefs d’établissement. Ce qui démontre, s’il en était besoin, l’engagement des équipes pédagogiques de Technologie à s’exprimer sur des textes futurs et à apporter des amendements constructifs.

Quelques rares courriers ont précisé néanmoins que faute de temps dégagé, pris en dehors de leurs temps de service, les professeurs ne pouvaient pas apporter de contributions à cette consultation. Quelques uns (trois) rejettent cette consultation considérant les conditions difficiles dans lesquelles ils enseignent déjà les contenus actuels (classes entières surchargées).

Dans leur grande majorité, les enseignants se questionnent sur une refonte des programmes de technologie au collège qui laisse entrevoir une orientation différente de la technologie et des principes qui la fondent  : démarche de projet, méthode inductive, référence aux pratiques sociale ; l’ensemble permettant à tous les élèves d’acquérir des connaissances s’appuyant sur des activités concrètes.

Préambule

Pour les enseignants, il est difficile de se prononcer clairement sur la cohérence de l’ensemble des programmes de technologie, le cycle central n’étant pas défini. La progression des acquisitions disciplinaires n’est pas identifiée.

Est-il encore nécessaire de préciser que la technologie s’affirme comme une discipline d’enseignement général à part entière ? Le troisième paragraphe ne paraît pas avoir sa place dans ce préambule pour bon nombre de professeurs. Elle n’a pas vocation à fédérer les autres disciplines. De même, la construction du projet personnel de l’élève repose sur l’ensemble des disciplines du collège. Dans ce cas, pourquoi la technologie serait-elle le vecteur privilégié de l’expression du projet personnel de l’élève de 3° ?

La terminologie utilisée dans le préambule pose question : un des objectifs transversaux de la technologie, n’est-il pas de former des jeunes, acteurs, responsables, critiques face à leur environnement et non pas uniquement des consommateurs. De même les termes « démarche d’investigation technologique », « stratégie organisationnelle », « démarche de développement de produit » doivent être explicités. La technologie a des contenus et des démarches spécifiques qui semblent céder la place à une instrumentalisation au service des disciplines scientifiques.

La continuité école-collège est pertinente. Toutefois, la réalité du terrain amène à constater par de nombreux professeurs que les élèves n’ont pas tous abordé les contenus technologiques du cycle III. Certains précisent que cette continuité doit se poursuivre au-delà de la 3° en lycée (enseignements de détermination ISI, ISP, IGC et seconde professionnelle).

Une question récurrente des professeurs qui interpellent ainsi : en quoi l’articulation des enseignements autour de thèmes permet-elle de mieux appréhender le monde des objets et systèmes techniques ? Partir du projet de réalisation concrète permet au plus grand nombre d’acquérir des connaissances sur celui-ci. Cette méthode offre de nombreux supports d’activités pratiques.

Or, la technologie, telle qu’elle est définie en sixième, apparaît comme une discipline d’observation d’objets, plus proche des pratiques utilisées en sciences physiques et sciences de la vie et de la terre que de la démarche inductive propre à la technologie, motivante pour l’élève.

Concernant l’évaluation, beaucoup de professeurs attendent que les niveaux de maîtrise des connaissances préconisés soient explicités et illustrés d’exemples concrets (exemple : la notion de cahier des charges fonctionnel déclinée suivant les 3 niveaux). Cette mise en œuvre est-elle adaptée et réaliste au collège ?

Pour ce qui est de l’utilisation pertinente des TIC par l’élève, une très grande majorité de professeurs pensent qu’elle est soumise à une maîtrise minimum des outils informatiques. Elle s’appuie sur des apprentissages indispensables qui ont leur place en technologie et sur une progression à définir pour les quatre niveaux du collège. La maîtrise des technologies de l’information et de la communication ne constitue-t-elle pas une compétence fondamentale du socle commun de connaissances à acquérir pour le citoyen du XXIe siècle ? [Rapport de la Commission du débat national sur l’avenir de l’Ecole présidée par Claude THÉLOT].

L’unanimité des professeurs formulent cette demande pressante à savoir que la mise en œuvre des activités des programmes nécessite la constitution de groupes de 20 élèves maximum et doit être inscrite officiellement dans les grilles horaires et intégrées dans les dotations horaires globales.

La classe de sixième

Les professeurs s’interrogent sur une modification des programmes alors que le contenu actuel avec les 2 productions, motive les élèves et ne nécessite qu’un ajustement (approche de l’analyse d’un objet, de son fonctionnement, de ses constituants, ...). Une grande majorité de professeurs se questionnent sur la complexité de ce nouveau programme qu’ils jugent abstrait et inadapté au niveau 6° (élèves de 11 ans). La réalisation d’objets motive les élèves tout en leur faisant acquérir les connaissances visées.

Pour la plupart d’entre eux, le thème des transports est trop restrictif et ne permet pas l’étude et la fabrication d’objets réels de l’environnement quotidien. Ils pensent que l’utilisation de maquettes éloigne les enfants des objets techniques réels, transformant des systèmes complexes en modèles peu lisibles et non conformes à la réalité. D’autre part, la plupart des objets actuels ne se démontent plus. Comment alors aborder le démontage-remontage tel qu’il est proposé ? Certains notent que cette approche a déjà été pratiquée il y a une vingtaine d’années puis abandonnée.

Par ailleurs, la multiplication des supports d’étude serait coûteuse pour les collectivités locales. Leur utilisation et leur stockage poseraient problème dans les établissements.

Les équipes pédagogiques souhaitent avoir le choix du thème de travail (exemple : mesure du temps, jouets, son, éclairage, communication, ...).

Les “approches d’enseignement” se limitent trop souvent à des séquences d’observation portant sur deux objets au moins, risquent d’être longues et fastidieuses lorsqu’elles ne sont pas suivies de fabrication. Elles n’apportent pas suffisamment de sens dans la construction des connaissances des élèves. En sixième, la fabrication individuelle d’un objet reste le moteur essentiel de la motivation de l’élève et ne doit pas s’arrêter à la réalisation d’un objet collectif.

Pour beaucoup de professeurs, la structure proposée (fonctionnement, matériaux, énergies, évolution des objets techniques) doit s’appuyer de manière effective sur la réalisation d’objets. Elle ne présente pas de cohérence globale. Les horaires préconisés doivent être rééquilibrés car l’étude physique de ces approches reste trop théorique et ne fait aucun lien avec l’approche économique qui constitue un aspect essentiel de l’environnement du produit. L’analyse fonctionnelle est ambitieuse pour des enfants de 6° et l’approche « Les énergies » doit être intégrée à la compréhension du fonctionnement d’un des objets réalisés.

Une remarque générale est faite par un grand nombre de professeurs : il y a une grande disparité des élèves à l’entrée en 6°, dans la maîtrise des compétences technologiques tout comme celles liées à l’utilisation de l’outil informatique. Le B2I 1er niveau à l’entrée de 6° est loin d’être une réalité, il est donc nécessaire de maintenir des phases d’apprentissage avant de considérer l’ordinateur comme un outil. Une progression des notions en TIC est à organiser sur les 4 années (par exemple tableur-grapheur, recherche documentaire sur Internet, …).

Pour certains d’entre eux, l’utilisation d’images 3D pour les élèves de 6°, si elle reste possible en illustration ponctuelle, ne peut être développée davantage. La représentation dans l’espace est difficilement accessible pour des élèves de cet âge et ne peut être dissociée d’une manipulation concrète de l’objet. La formalisation des procédures d’assemblage à l’aide de l’outil informatique est trop complexe en 6°.

Enfin, la grande majorité des professeurs pensent que l’élaboration ou la réalisation de la notice en langues étrangères est illusoire, alors que les élèves sont en phase de découverte d’une nouvelle langue.

La classe de troisième

Même si la technologie doit contribuer aux enseignements transversaux, elle a ses propres contenus disciplinaires qui font partie du socle culturel commun de tout citoyen. Ces contenus doivent demeurer prioritaires. Pourquoi la technologie serait-elle la seule matière responsable du projet personnel de l’élève ?

Première réalisation : Communication autour d’un produit numérique

Cette première réalisation autour d’un produit numérique apparaît comme un élément positif pour une majorité de professeurs. Les connaissances proposées semblent bien adaptées au niveau troisième et relèvent d’un enseignement de technologie.

Toutefois, les enseignants se questionnent sur l’objet de cette communication portant sur le projet personnel. Elle doit être uniquement travaillée avec le COP (personnel formé dont c’est le métier) et le professeur principal (dans sa connaissance individuelle de chacun de ses élèves) lors des séquences de vie de classe. “Le professeur de technologie n’est pas le COP !” précisent nombre de remarques faites par les professeurs, “il n’en a pas les compétences”. Alors que toutes les disciplines n’ont pas inscrit dans leur programme un travail sur le projet personnel, pourquoi la technologie aurait cette mission spécifique ?

Il y a incohérence entre les propositions, les modalités et les conditions de mise en œuvre mentionnent de nombreux comptes-rendus sur les projets : problème de recherche d’informations individuelles dans le cadre d’activités de groupe. Comment regrouper trois ou quatre élèves autour d’un sujet commun et que vont rechercher ceux qui n’ont pas encore de projet personnel ?

L’objet d’une communication est d’être diffusé. A qui s’adresse ce produit numérique ? Peut-on diffuser un projet personnel privé en ayant travaillé sur la propriété intellectuelle, le droit à l’image et sans omettre le respect de la personne ?

Pour une majorité de professeurs, l’objet de cette communication doit être en rapport direct avec des sujets d’étude spécifiques à la technologie (design, histoire d’une technique, …). Le projet pluri technologique lui-même, est un support implicite qui contribue à l’élaboration du projet personnel ; par exemple, découverte de métiers ou fonctions professionnelles au travers des activités réalisées, des rôles tenus, …

La planification prévue au 1er trimestre est trop rigide, pensent de nombreux professeurs, vu les moyens informatiques présents dans la plupart des établissements (6 à 8 ordinateurs par espace polyvalent). Il faut laisser aux enseignants la possibilité d’articuler les deux réalisations en fonction de l’utilisation des équipements à disposition.

Deuxième réalisation : Développement d’un produit pluri technologique et production d’un service :

“Cette réalisation est très motivante pour des élèves de 3° à condition d’aller jusqu’à vivre l’étape d’industrialisation, de production (pré-série) et d’aborder la commercialisation du produit”. C’est le constat que font une majorité de professeurs. La notion de rôles, de responsabilité pourrait être alors développée en référence aux métiers, aux fonctions professionnelles et aux services de l’entreprise. Cela contribue de manière implicite à éclairer les élèves dans leur projet personnel.

L’aspect économique n’est pas abordé, la réalisation d’un produit est pourtant tributaire de l’analyse du besoin, de la situation du produit dans un environnement social et économique. Beaucoup d’enseignants le regrettent et notent ce manque avec insistance.

Pour éviter des disparités d’interprétation, il est impératif de définir clairement les notions visées et la terminologie employée : fonctions, contraintes, réglementation, ergonomie, critère de choix, pondération.

Pour la partie « Recherche et choix de solutions », un trop grand nombre de connaissances est à acquérir en 6h précisent les professeurs : « solutions techniques, milieu, lignée, inventions, innovations, blocs fonctionnels, coût matière, délais, recyclage, ergonomie, critère de choix, pondération, budget prévisionnel et réel, critères de choix (bis), contrôle, validation, planning »  !!! “Cet amalgame d’une somme de connaissances intéressantes mais qui, abordées massivement dans cette étape, ne vont laisser qu’une image confuse de chacune de ces notions”. Cette étape doit comprendre les phases de réalisation et validation du prototype.

Les notions de « Milieu, lignée, inventions, innovations, blocs fonctionnels » sont à traiter dans une unité distincte afin d’éviter trop de connaissances et redonner à ces notions toute leur importance.

Pour la partie « Réalisation et validation du produit pluri technologique », les finalités proposées « réaliser l’étude de la réalisation en série et apporter les modifications ou améliorations nécessaires avant une production en série » sont à aborder dans le cadre d’une réelle production en série du produit. Il y a incohérence, pensent de nombreux professeurs, entre cet objectif et les exemples cités (robot, signalétique, réalisation de panneaux…). Les professeurs proposent une production sérielle sur des produits plus adaptés et applicables à l’ensemble des élèves de troisième.

En ce qui concerne la production du service, pour beaucoup de professeurs, il est difficilement concevable, dans les horaires impartis, de réaliser un service associé à un produit pluri technologique Le choix doit porter sur l’un ou l’autre des projets "service ou produit" et doit être traité dans son intégralité.

Conclusion

La grande majorité des professeurs restent très préoccupés par rapport à ces projets de programmes qui s’ils étaient appliqués en l’état, modifient en profondeur les stratégies pédagogiques et organisationnelles actuellement en place. Ils demandent que le fonctionnement en groupe allégé (maximum 20 élèves) devienne une réalité pour tous les collèges de France.

Ils formulent le souhait que les préoccupations exprimées soient réellement prises en compte avant que ne soit prévue une quelconque mise en œuvre des nouvelles orientations en particulier en 6°. Il apparaît de plus difficile de mettre en place le programme au cycle d’adaptation sans connaître les contenus du cycle central.

Ils craignent que la nouvelle discipline élaborée dans ces projets, modifie la place qu’occupait jusqu’à présent la Technologie dans la culture scientifique et technique et devienne fort éloignée d’une réalité technique du monde industriel et économique actuel.

Par ailleurs, les limitations ainsi imposées risquent disent-ils, de restreindre les apports de la discipline dans une réflexion prospective des élèves sur leur avenir, où seules quelques phases de la vie du produit sont abordées ce qui ne correspond que très peu à la réalité de leur environnement socio-économique.

Les professeurs manifestent leurs inquiétudes sur ce bouleversement. Ils regrettent que ne soit pas tenu compte de leur important investissement en formation, en temps passé (veille technologique) pour intégrer les programmes actuels et restent préoccupés par la perte de crédibilité consécutive à de tels changements d’orientation pour la discipline.

Pour beaucoup de professeurs, l’objet de la rénovation doit surtout permettre de mieux définir les connaissances apportées par l’enseignement de la technologie, de préciser de façon univoque les conditions d’enseignement (horaire, taille des groupes accueillis), de donner un sens (étude de l’existant, inscription d’un objet dans une histoire et un patrimoine, étapes de la vie du produit, ..), de prendre sa part des acquisitions transversales (TICE, orientation, …).

Une grande majorité remarquent qu’une formation conséquente est à mettre en place ainsi qu’une planification de nouveaux investissements notoires en matériels ; les collectivités locales déjà grandement sollicitées pourront-elles suivre cette rénovation ?

Dijon, le 15 octobre 2004

J.L. BOISSON, I.A.-I.P.R. économie gestion, coordonnateur pour la Technologie

F. BOUARD, I.A.-I.P.R. économie gestion

P. LEFEBVRE, I.A.-I.P.R. S.T.I.

F. SMEYERS, I.A.-I.P.R. S.T.I.

Claude VALTAT, Chargée de mission

 

 

La collaboration inter-associative est déstabilisée, l’Assetec regrette déjà sa dernière signature (opposition commune aux projets de programmes : lettre du 21 septembre 2004) … chacun s’exprime alors tantôt ensemble tantôt séparément.

Le syndicat SNES se lance dans un exercice de style et propose une correction du préambule. Voir le texte sur le site du syndicat :

http://www.lille.snes.edu/Spip/IMG/pdf/Technologie_preambule_Snes.pdf

Nous reproduisons là le texte introductif à cette action.

 

Vers une nouvelle discipline  30 septembre 2004

Après que la commission JOUTARD ait été enterrée, il a été confié à M. SECRETAN la mission de réécriture des programmes de technologie.

En faisant fi des remarques qui ont pu lui être faites lors de nos rencontres et dans une précipitation plus que surprenante, les nouveaux programmes sont parus fin juillet sur EDUSCOL.

Outre le fait que seuls les programmes de 6° et de 3° soient modifiés, ce qui rend très difficile leur perception, on ne connaît pas ce qui se fera au cycle central, le préambule qui définit la philosophie de la discipline nous alarme : EST-CE BIEN ENCORE DE LA TECHNOLOGIE ?

“L’observation de l’objet technique” prend le pas, la transformation en discipline de sciences appliquées est latente.

La consultation ministérielle, (qui doit être bouclée pour le 15 octobre !), semble ne concerner que les académies où sont expérimentés ces nouveaux programmes. POURQUOI ? A moins qu’un bilan d’étape de l’expérimentation commencée début septembre ne puisse alimenter la réflexion !?!?

Le SNES a décidé de proposer un préambule qui garde ce qui nous semble essentiel pour notre discipline.

Ce préambule modifié, vous pouvez le consulter en téléchargeant le “Technoflash N°8”

C’est un document que nous vous proposons pour débattre, faites nous part de vos réactions, remarques, critiques, propositions... à alain.dalle@snes.edu

Francis MUZARD

 

 

L’A.E.E.T. conteste le fond.

 

 

Position de l’A.E.E.T. (Association Européenne pour l’Éducation Technologique)

L’A.E.E.T. se préoccupe de la réflexion sur et pour l’éducation technologique en France et en Europe, cette association est majoritairement constituée de chercheurs et de formateurs.

La spécificité de l’A.E.E.T. fait qu’elle ne discutera pas directement de l’opérationnalisation des propositions annoncées dans les projets de programme ; ces éléments concernent essentiellement les associations d’enseignants de la discipline. En revanche ce qui relève de la discussion fondamentale à propos de la construction d’un programme est du domaine de compétences des adhérents de l’A.E.E.T.

Nous remarquerons qu’en l’état, les syndicats peuvent avoir à défendre les personnels d’une discipline fortement décriée depuis plus de deux ans et rabaissée.

Notre analyse

1. Il s’agit d’une refonte totale de la discipline

mais il n’existe pas d’analyse sérieuse conduisant à déterminer ce qui justifie cette déconstruction ;

mais la constitution et le temps donné à la commission ne permettent pas d’effectuer valablement une reconstruction (nous avons comme référence ce que fut la commission Géminard) ;

ainsi les missions de la technologie actuelle disparaissent sans être contestées sur leurs fondements.

Il apparaît une seule “mission” : le consommateur à éduquer (peut-on construire une discipline scolaire du collège sur cette unique mission qui appartient à toutes et donc à personne spécifiquement ?).

2. L’absence d’une architecture dans ce projet de programme

les ruptures comme les continuités entre les contenus et entre les cycles ne sont pas argumentées ;

les orientations politiques (missions données à la technologie) ne sont pas identifiables. Si elles existent, elles sont implicites, ce qui conduit à les imaginer à partir des contenus, car, dans le texte la mise en relation contenus-missions n’est pas faite.

3. Des modèles obsolètes

la pédagogie du thème n’est plus utilisée pour définir des programmes depuis longtemps ;

la croyance qu’une construction des connaissances puisse s’effectuer systématiquement à partir de “trois niveaux : information, expression, utilisation” a été dénoncée depuis plusieurs décennies ;

la croyance que la maîtrise des usages des outils numériques n’exige aucune structuration des connaissances.

4. Des contenus discutables, mais pas discutés

la technologie de l’information disparaît au profit d’une dilution dans l’usage des outils informatiques à l’occasion de l’étude de certains thèmes ;

la juxtaposition entre approche d’investigation et approche de réalisation ne peut se faire sans fragiliser l’identité de la technologie et la rendre subordonnée aux sciences expérimentales ;

la place accordée au projet technique est masquée alors que c’est un principe fondateur de toutes les techniques ;

le déséquilibre entre les dimensions industrielles et tertiaires ;

la perspective de lecture et d’interprétation du monde des techniques contemporain est remise en cause par l’absence de référence à des pratiques sociales identifiées.

Siège de l’A.E.E.T. : 178, rue du Temple - 75003 PARIS

Secrétariat de l’A.E.E.T. : 24, rue de Lyon - 750012 PARIS - contact Email : alain.crindal@wanadoo.fr

 

L’A.E.A.T., PAGESTEC, le SNES lance
l’opération « Carton Jaune » :
envoi de cartes pétition par Internet, au ministère à l’automne 2004 durant la période de consultation.

Cette opération fut considérée par le gouvernement comme du spam ; il n’a donc pas comptabilisé ces avis défavorables dans la synthèse. Le site de l’A.E.A.T. qui hébergeait cette opération a enregistré, 48h après le lancement de l’opération, l’envoi de 500 cartons. Le site du ministère s’est bloqué ne pouvant pas accueillir plus de 57 contributions en une journée !

C’est cela la consultation de la base, pas tous à la fois !

 

L’Académie des Technologies s’interroge sur l’utilité de la technologie comme discipline de culture générale dans les classes de 6° et 5°. Elle donne son avis (accessible sur leur site :
http://www.academie-technologies.fr/pdf/ecole_lycee.pdf)

Nous avons choisi quelques extraits :

Page 3 :
Remarques introductives 3° point :

3. Enfin, il importe de préciser d’emblée dans quel sens l’Académie utilise le terme « technologie » : elle désigne par là l’ensemble des connaissances et des pratiques mises en oeuvre pour offrir à des usagers des produits ou des services. La technologie fait donc intervenir, à côté des processus de transformation, des éléments relevant de la conception des produits et services, des attentes des usagers, de la fiabilité qu’ils recherchent, des prix qu’ils sont prêts à payer, du volume des marchés, des caractéristiques des matériaux disponibles, des compétences des travailleurs concernés. Ainsi considéré, l’enseignement de la technologie peut être la base de l’accession à une culture, à la condition toutefois de faire émerger les problèmes à partir de questions concrètes et d’intégrer progressivement en fonction de l’âge des élèves tous les éléments qui interviennent dans une technologie.

 

Cette définition de la technologie s’accorde parfaitement avec celle des métiers : un métier étant caractérisé par des savoirs, des savoir-faire et des comportements qui permettent de maîtriser des éléments de technologies et de s’intégrer ainsi dans des aventures technologiques, en jouant de ce fait un rôle dans la Société.

Page 8 :
Proposition pour améliorer l’efficacité de l’enseignement de la technologie au collège :

 

2/ Au début du collège, il n’est pas sûr que l’apparition « formatée » de la technologie dès la classe de sixième soit une bonne chose. Certains académiciens le pensent, d’autres non à cause du contenu des enseignements actuels. A un âge où il serait tant nécessaire que l’élève découvre, guidé par son professeur, la continuité entre sciences expérimentales et technologies, il n’est pas évident, dans l’intérêt de ce même élève, que se déroulent en parallèle et avec des professeurs différents, des programmes qui s’ignorent. Bien sûr, au-delà de la (ou des deux) première(s) année(s) de collège, cette séparation reprend tout son sens ; surtout si l’enseignement des technologies ne se limite pas aux objets mais comporte, aussi, une ouverture pertinente aux métiers. En fait, la technologie joue le trouble-fête dans le schéma actuel, bien trop disciplinaire, de l’enseignement de matières différentes, par des professeurs distincts. II importerait d’étudier comment mettre en évidence, pour l’élève, que l’approche réelle d’un problème dans la vie active est pluridisciplinaire et se situe le plus souvent aux interfaces de trois ou quatre disciplines au moins. Le professeur de technologie est ainsi un acteur probable de la nécessaire pluridisciplinarité de l’enseignement futur.

La technologie doit être vue, alors, comme le bon sens en action pour construire, à plusieurs, quelque chose qui donne satisfaction à quelqu’un : on s’aperçoit alors que cela ne marche pas sans l’apport de science et de preuves expérimentales.

Page 13 :
Recommandation 2 relative aux élèves de collège.

Recommandation 2 relative aux élèves de collège

Adapter les formations au terrain local ; ne pas séparer les savoirs et savoir-faire pour éviter une dissociation ou opposition entre les savoirs à base conceptuelle et le monde réel ; ne pas distinguer, au début, les sciences des technologies puis les présenter comme complémentaires à partir de la 4°, grâce à un fort éveil aux métiers et à leurs composantes multidisciplinaires.

 

 

Le Conseil National des Programmes (C.N.P.) serait d’accord avec le projet de programme. Mais rien n’est publié sur le site dont la mise à jour remonte à octobre 2003 !

 

 

Au cours de l’année 2003-2004, un grand débat sur l’école a été conduit par M. Claude Thélot. De multiples réunions publiques ont eu lieu dans toute la France. La synthèse des débats est accessible sur le site du ministère mais aussi disponible en librairie. Le "Miroir du débat", élaboré sous l’autorité de la Commission, est aujourd’hui public sur le site. Un livre au format de poche sera très largement diffusé fin mai.

A.E.A.T. a participé à son titre à ce "Débat national sur l’avenir de l’Ecole"
http://www.debatnational.education.fr/upload/08aa04d20c6440101f6892d7ad16aecb_AEAT.pdf

 

Association des Enseignants d’Activités Technologiques

Le 12 janvier 2004

Monsieur le Président,

Le débat sur l’école réserve une place importante aux questions récurrentes de démotivation des élèves et d’orientation scolaire, deux thèmes que la société met en lien, à tort ou à raison, avec la culture technique.

Les enseignants de technologie s’adressent donc à vous pour aborder la question essentielle de la place de la Technologie et de la culture technique dans le cursus de l’ensemble des élèves du système scolaire obligatoire (de la maternelle à la classe de troisième). Le rapport à la technique après le collège se pose également, surtout pour les élèves des sections d’enseignement général.

Au sein de l’Ecole obligatoire, environ 10% des élèves sont en situation de très forte démotivation, voire de souffrance. Les causes de cette situation sont multiples et ne relèvent pas toutes, loin s’en faut, de l’Éducation Nationale (difficultés sociales, familiales, médicales parfois, urbaines souvent…).

L’alphabétisation et l’intégration culturelle et sociale des populations d’origine étrangère sont également une source de difficultés que l’Ecole doit, pour sa part spécifique, prendre en compte. Compte tenu de ces écueils, les résultats de notre système éducatif ne sont d’ailleurs pas si mauvais que cela et il nous paraît opportun de rappeler ici que l’Ecole de notre pays se classe parmi les meilleures du monde occidental !

Cependant, pour en revenir à ces 10% d’adolescents en situation difficile, la question est posée, ça et là, de savoir s’il faut les exclure du système général et les socialiser à part, en leur réservant en priorité l’accès à la culture technique et au travail manuel et ce, peut-être, au détriment de tous les autres élèves.

Notre réponse est non !

Les enseignants de Technologie tiennent d’ailleurs à rappeler ici avec force que leur discipline fait partie intégrante de la culture générale devant être dispensée à tous les enfants.

L’enseignement du fait technique ne peut être envisagé comme le “SAMU pédagogique” de l’institution scolaire !

L’activité technique a toujours été une activité majeure de l’humanité.

Il n’est pas envisageable que son reflet historique et contemporain n’existe pas dans la scolarité des enfants et des adolescents. Cela l’est d’autant moins que les enfants utilisent l’action technique, comme le jeu d’ailleurs, pour se former eux-mêmes en se “ frottant ” au réel.

La technique est un langage spécifique qui peut devenir un précieux facteur d’intégration et de brassage. La technique nécessite l’entraide. On communique là même si on ne parle pas la même langue.

La technique est un facteur d’apprentissage et de motivation. Dans les projets techniques on rencontre des obstacles qu’il faut bien surmonter à la condition indispensable que la volonté de les résoudre soit forte, à la condition donc que les projets aient un sens culturel et social fort.

Or la situation actuelle est loin d’être satisfaisante. Les élèves produisent peu et pourtant plus de 15.000 professeurs de technologie exercent en collège. Le problème est qu’on leur refuse les moyens budgétaires pour les productions scolaires.

On leur refuse aussi les effectifs adaptés à cette tâche (le travail en groupe de 16 élèves, comparable en cela aux effectifs dans le privé dès lors qu’il s’agit de formation technique).

On leur refuse même le respect des horaires légaux au motif que les professeurs ne sont pas en nombre suffisant. Pour les surfaces et les équipements, le problème a été parfois correctement pris en compte par les conseils généraux, mais la situation est variable géographiquement.

Nous tenons à attirer l’attention de votre commission sur la question déterminante des effectifs :

Mal réglé, ce problème va à l’encontre des effets attendus de la technologie. Les effectifs trop importants imposent une utilisation de nos salles spécialisées en surcapacité, situation qui induit de fait une mise en danger potentielle des personnes s’y trouvant (élèves et enseignants).

Les effectifs trop importants sont également sources d’aggravation de la violence pour des raisons précises (sécurité des personnes, dysfonctionnement des objets, attentes et conflits sur les outillages, relation individualisée enseignant / élève quasi impossible…).

La solution alternative fréquemment rencontrée d’une technologie formelle, brocardée parfois par le vocable “technologie papier”, amène très rapidement une frustration et une exaspération des élèves. On pense faire des économies. En réalité tout le monde perd son temps et la collectivité perd son argent.

Quelques propositions pour sortir de l’impasse actuelle :

1 - Il faut s’ouvrir au monde du travail sans tomber dans une caricature économique. C’est un enjeu de culture, c’est aussi une posture nécessaire de service public surtout depuis l’accord interprofessionnel du 5 décembre 2003 sur la formation continue.

2 - Il faut cesser d’associer technique et orientation par l’échec. La politique des passerelles et leur efficacité constatée seront déterminantes pour contourner ce problème.

3 – Il faut changer l’idéologie d’approche de la technique à l’école et ne plus catégoriser voire opposer inutilement manuels et intellectuels. Il faut donc repenser le travail manuel dans une perspective historique, culturelle et psychologique.

4 – Il faut donc réintroduire le travail productif vrai et signifiant à l’école et pour tous les élèves, non pour les orienter et les piéger mais pour les motiver et donner des éclairages essentiels à la technique, à la science et plus généralement aux relations sociales.

5 - Il faut permettre aux élèves des sections générales des lycées de pouvoir continuer à côtoyer le fait technique dans leur cursus.

La technique, bien que courante, se caractérise difficilement. Cependant on peut dire qu’elle est destinée à rendre service aux hommes. La réalité est évidemment plus nuancée. Elle se caractérise en tout cas par une intention forte. Les hommes entretiennent à travers elle un lien orienté avec la matérialité du monde.

Il n’est pas admissible de priver les enfants et les adolescents de ce lien.

Pour le CA de l’AEAT,
le Président
Christian HOUDRE

Le 12 octobre 2004, ce débat national sur l’avenir de l’école se conclut par la remise du rapport de la commission Thélot au ministre de l’Education Nationale, M. Fillon. « Cette réflexion débouchera par la suite sur un Projet de loi d’orientation que le gouvernement proposera au parlement, projet de loi destiné à renouveler et organiser le cadre dans lequel notre système éducatif aura à œuvrer. » (Lettre de mission du ministre pour la commission)

Mais avant la parution officielle de ce rapport, les projets de programmes de 6° et surtout de 3° en technologie ont vu le jour.

Le 18 octobre les associations sont reçues après les syndicats par M. Patoz, M. Secrétan et Mme Mérieux : ils sont contents, ils ont travaillés tout le week-end pour faire la synthèse de la consultation nationale.

Résultat de la consultation sur les projets de programmes :
Réunion au Ministère du 18 octobre 2004

L’AEAT représentée par Christian Houdré et Mireille Legendre a été reçue au Ministère le lundi 18 octobre 2004, pour un bilan de la consultation relative aux projets de programmes. L’AEAT a été reçue en même temps que les autres associations, AEET, ASSETEC, et PAGESTEC. Les syndicats avaient été reçus le matin même au Ministère.

Monsieur Patoz, conseiller du Ministre, a signalé que le week-end précédent avait donné lieu à un intense travail de dépouillement des retours sur la consultation. Il a été agréablement surpris : d’abord par la forte mobilisation et par le contenu des réponses. Les résultats de la concertation font apparaître une proportion de réponses de 24 académies sur 28 et un pourcentage de participation de 30 à 85 % des professeurs selon l’académie.

Le Ministère est satisfait de l’esprit des réponses, il relève des critiques intéressantes et “une acceptabilité forte”. Deux académies seulement présentent un compte-rendu négatif (Dijon et Rennes).

Les questions soulevées par les associations portent sur les points suivants :

L’accès aux synthèses est-il envisageable ? On ne peut pas le dire tout de suite, car il faut l’accord du directeur de la DESCO.

Les modalités de la consultation n’ont pas été satisfaisantes, l’information des professeurs a été très tardive et mal faite. Le ministère en rejette la faute sur la DESCO.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de temps banalisé donné aux enseignants pour cette consultation, comme cela avait été le cas en 1994  ? Les professeurs pouvaient prévoir un temps spécifique pour ce travail qui était très important.

La base ne sait pas quelle est la politique de l’Etat pour définir de nouveaux programmes : C’est voulu. Le cahier des charges n’est pas divulgable. De plus la commande a évolué et il n’y a pas eu de lettre de mission pour la 2ème commission (la commission Secrétan après la commission Joutard).

Dans les programmes, le mot “consommateur” qui rebute beaucoup d’enseignants a été remplacé par les mots : “utilisateur” ou “utilisateur éclairé”. L’A.E.E.T. fait remarquer que ce changement de mot devrait modifier totalement les programmes. La technologie de l’utilisateur n’existe pas au niveau international. Il n’existe qu’un seul texte belge. Pour une fois, la France serait en avance. Monsieur Secrétan qui préside la commission sur les programmes fait savoir que celle-ci travaille à trouver le bon mot. Le groupe des programmes se réunit à partir de jeudi prochain pour modifier le texte.

La formation et les équipements ? Monsieur Secrétan reçoit dès demain les IPR et le guide des équipements est en cours de réactualisation pour les Conseils Généraux (il devrait être prêt d’ici un mois). Un courrier a été envoyé aux Conseils Généraux pour les informer de la réforme et leur demander de prévoir une enveloppe budgétaire. Monsieur Secrétan est conscient des problèmes d’encadrement des professeurs. Si la présentation des programmes est mauvaise ils seront à nouveau mal mis en œuvre. Monsieur Patoz reconnaît que si les précédents programmes se sont mis en place c’est grâce au travail des professeurs. Monsieur Patoz travaille sur la création d’un corps d’inspection en technologie et sur une agrégation mais un problème se pose car le corps des agrégés risque d’être hostile à la création d’une agrégation en technologie.

La formation initiale ? Il y aura 265 postes en 2005, sur quels programmes se fera le recrutement ? Les programmes actuels car les nouveaux ne sont pas officiels.

Et le cycle central ? Les programmes seront examinés au Conseil Supérieur de l’Education avant les grandes vacances, les professeurs devraient en prendre connaissance avant les vacances pour éviter les problèmes qui ont eu lieu pour les classes de 6è et 3è. Les thèmes sont évoqués, et une interrogation se fait au sujet des bio-industries ou biotechnologies (envisagées au niveau 5°) : c’est difficile mais l’enjeu est important, ce secteur est peu abordé dans l’éducation. Cela pourrait être vu comme l’étude d’un “process”° : par exemple, les automatismes dans la station d’épuration d’eau.

Les TICE : Les textes ont évolué. Le problème est de faire un texte avec des termes suffisamment vagues pour s’adapter à l’évolution technique. La classe de 6°devrait permettre une consolidation du cycle 3 du primaire, qui sera évolutive en fonction de ce que sauront les élèves à la sortie du primaire.

Les horaires : il doivent être respectés dans les nouveaux programmes, car ils correspondent à un arrêté. C’est la 1ère fois que l’on voit un programme fait pour 1h30 avec une ½ heure à la disposition de l’enseignant pour faire des groupes. Les enseignants font remarquer que c’est difficile à faire appliquer sur le terrain.

Monsieur Secrétan aborde l’importance de l’opinion de l’Académie des Technologies relativement à ces programmes. Il souligne que le CNP reçoit de façon positive l’évolution globale vers les Sciences et Technologies. Il relève également que l’Académie des Sciences, est favorable à une évolution de la Technologie vers les Sciences et Techniques.

Les enseignants relèvent qu’il y a une grande différence entre approche d’investigation et approche de réalisation.

Il est à noter que l’étonnement de certaines associations devant les résultats de la consultation annoncés comme une “agréable surprise” dans cette réunion a donné lieu à des échanges désagréables.

L’Assetec déclare sur son site que tout va bien, les programmes sont supers, dans la droite ligne de la COPRET de 1964 !

23 septembre 2004

Nouveaux programmes :

« Nous avons analysé les 3 documents élaborés par le groupe d’experts en les comparant au texte fondateur de la discipline (rapport de la COPRET). Nous avons estimé qu’en nous référant très précisément à ce texte, cela permettait d’une part de mesurer les écarts ou les possibles bouleversements à venir, mais d’autre part nous assurait surtout d’avoir une vision la plus objective possible étant donné les rumeurs et parfois la désinformation qui circulent.

Nous avons, pour notre part, choisi depuis la création de l’Assetec d’être porteurs d’innovation et partenaire constructif. Nous constatons que ces propositions s’appuient pour beaucoup sur les nôtres (voir « télécharger l’ensemble de nos propositions » du 22/03/2003). Il n’est donc pas question, pour nous, de faire de l’opposition systématique d’autant plus que nous assistons à une évolution pragmatique des contenus d’enseignement et non pas à un changement de discipline ! Nous pensons que ces propositions sont plus claires et compréhensibles pour les élèves et les parents et qu’elles seront plus aisées à mettre en oeuvre pour les professeurs. Ces textes sont, de plus, écrits pour n’être applicables et appliqués qu’en effectifs allégés. Bien sûr, il y a des éléments à modifier, à amender et nous comptons pour cela sur votre participation à la consultation nationale. Bonne lecture !

http://perso.wanadoo.fr/assetec/ressources/Etudescomparativesfinal.pdf (doc pdf, 151 ko)

Nous publions ici la préface de monsieur Géminard et la conclusion de l’étude comparative publiée par l’Assetec. Une réaction à ce travail nous est parvenu pour rectifier certains propos, nous la publions en encart. Nous vous précisons que la revue « Techno.Log » est le bulletin de liaison publié par l’ASSETEC, (à ne pas confondre avec « Le Technologue », bulletin de liaison de la Technologie à Paris publié par l’Inspection Pédagogique)

Chers collègues,

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint mon analyse de la revue Techno.Log N°26. Ce texte ci-dessous peut être diffusé à qui vous le jugerez utile car l’enjeu des débats contemporains n’est plus la technologie mais l’expression libre. Bien cordialement.

Mensonge et falsification d’information, trahison de la pensée de L. Géminard à propos de l’article : notre analyse des propositions de programme. Techno.Log N°26 octobre 2004, p.5 et suiv.

L’article propose aux lecteurs une analyse « des trois documents élaborés par le groupe d’experts en les comparant au texte fondateur de la discipline (rapport de la COPRET) » avec l’ambition notamment « d’avoir une vision la plus objective possible étant donné les rumeurs et parfois la désinformation qui circulent ». Or, très précisément cet article est fondé sur une désinformation. En effet, le texte cité trahit la pensée de Géminard et prouve que les rédacteurs de cette revue ne savent pas lire.

Ce qui est écrit dans la préface (p. IV, V et VI) est ceci : « Dès le 1er janvier 1964 le cadre était donc tracé pour que soit introduit, dans l’enseignement général, un enseignement de caractère technologique. Au cours de travaux de commissions, des études et des recherches, plusieurs objectifs ont été dégagés qui, sans être absolument contradictoires, ont appelé des différences assez grandes quant aux méthodes et contenus de cet enseignement.

Ces objectifs étaient les suivants :» suivent l’énumération des 7 points mentionnés partiellement dans l’article et une phrase conclusive :

« Tels sont les objectifs qui furent adoptés avec des dominantes tour à tour affirmées durant la période 1963-1985. Ces dominantes furent fonction de plusieurs facteurs liés aux compétences du corps enseignant existant, aux fluctuations de l’économie (expansion, récession vers 1970, reprise de l’expansion.), aux équipements existants (ceux-ci étant successivement conséquences d’une orientation puis contraintes fortes pour la modification de cette orientation). De plus les tendances personnelles des décideurs et le rôle qu’ils assignaient à la technologie (au sens banal et confus du terme) dans l’ensemble de leur politique pédagogique ont joué un rôle. »

Récemment, une pétition souhaitait mobiliser les enseignants en leur faisant peur ; cette fois la mobilisation des professeurs est construite en leur donnant des informations erronées qui trahissent la pensée d’un ingénieur, d’un inspecteur général et d’un haut responsable de l’école et de l’éducation nationale et qui a contribué à l’installation de la technologie et à son évolution. Ces modalités laissent penser aux lecteurs et adhérents que les objectifs cités sont ceux de la COPRET alors que le texte partiellement cité est une présentation de l’histoire de la technologie au collège dans l’avant propos de la publication coordonnée à l’époque par René Levrat. Ce texte ne date pas de 1964 comme il est également mentionné, mais de 1992. Je dénonce fortement ces agissements qui révèlent :

une incapacité des responsables de cette publication à contrôler les informations diffusées

ou une incapacité à lire des textes

une incapacité à avoir une démarche d’analyse et de comparaison puisque cette comparaison est menée à partir de critères faux.

Il y a donc mensonge, falsification de l’information, trahison de la pensée de Lucien Géminard ce qui est inadmissible. Il y a urgence à informer les professeurs de ces modalités largement utilisées dans certains pays, mais jamais en France où la démocratie et l’école républicaine maintiennent la possibilité à tous les citoyens d’apprendre à avoir leur expression libre. Ce qui est en jeu aujourd’hui n’est plus seulement la technologie, mais l’expression libre de la pensée et plus fondamentalement la démocratie et les fondements de l’école républicaine.

Joël LEBEAUME
Professeur
UMR STEF ENS Cachan-INRP
Ecole Normale Supérieure de Cachan
61 avenue du Président Wilson
94235 CACHAN cedex

Association pour l’enseignement de la Technologie.

Etudes comparatives entre, d’une part :

Les objectifs de la préface de la COPRET I présidée par Lucien Géminard (janvier 1964) et

Les projets de programmes parus le 27 juillet 2004 écrits par la commission présidée par Daniel Secrétan contenus dans les documents « préambule », « classe de 6° », « classe de 3° »

et d’autre part :

Les projets de programmes parus le 27 juillet 2004 écrits par la commission présidée par Daniel Secrétan contenus dans les documents « préambule », « classe de 6° », « classe de 3° » et

Les propositions de L’ASSETEC rédigées en juin 2003

Préface de Monsieur Lucien GEMINARD, Inspecteur général Honoraire, Président de la C.O.P.R.E.T. In Technologie – Textes de références. CIEP, 1992.

Des textes ont été réunis en 1992 dans un ouvrage publié par le Centre International d’Etudes Pédagogiques de Sèvres. Ces écrits principalement issus des travaux de la Commission permanente de réflexion sur l’enseignement de la technologie représentent des textes fondateurs de la technologie comme discipline d’enseignement général. […].

Ces objectifs étaient les suivants :

1 – développer l’habileté et la maîtrise gestuelle par le travail manuel ; c’est un facteur important de développement de l’enfant qui se répercute sur son comportement et son développement intellectuel ;

2 – développer les capacités d’observation au cours des travaux expérimentaux pour faire naître une “attitude scientifique” face aux phénomènes naturels (travaux scientifiques expérimentaux) ;

3 – développer les capacités, souvent innées, de création ainsi que le sens esthétique, par la conception et la fabrication d’objets ayant une valeur pratique et esthétique. Les travaux de type artisanat d’art sont un des modèles à retenir pour cet objectif ;

4 – l’homme vivant de plus en plus dans un milieu très différent du milieu naturel, faire acquérir aux élèves la compréhension technique, scientifique et sociale d’objets constituant une partie de ce milieu. L’étude technique d’appareils ménagers de petits moteurs, de certains appareils et jouets est un bon support pour atteindre cet objectif  ;

5 – faciliter l’orientation positive des élèves, en particulier en fin de cinquième et de troisième ;

6 – introduire la technologie comme étude scientifique de la technique, (c’est-à-dire de l’ensemble matériel organisationnel qui constitue l’infrastructure de la civilisation industrielle) et des techniques c’est-à-dire les phénomènes scientifiques et les procédés pratiques qui, pour un domaine donné — bâtiment, moteurs, machines-outils– sont utilisés pour réaliser un produit répondant aux spécifications d’un cahier des charges ;

7 – préparer à la compréhension de ce qu’on peut appeler la techno-science, c’est-à-dire l’interaction entre la science et la technique par le moyen d’expériences, de réalisations qui mettent en évidence les conditions de l’observation scientifique d’un phénomène et sa compréhension, en montrant l’intervention de moyens techniques dans cette observation ainsi que l’exploitation technique qui peut être faite de ce phénomène seul ou combiné avec d’autres.

[…]

Conclusion générale

En première remarque et comme nous l’avions souhaité, ces projets de texte nous semblent plus lisibles par tous (parents, enseignants de la discipline et des autres disciplines).

Comme notre analyse le montre, les grandes missions de la technologie sont présentes dans les propositions de la commission : soit pédagogie de l’action, connaissance du monde technicisé, maîtrise des TIC et enfin aide à l’orientation.

On retrouve le mot créativité (enfin !) dans ce programme et cela va évidemment modifier des habitudes. Mais n’ayons pas peur de faire confiance à nos élèves dans ce domaine.

Sixième

La 6° est rythmée par des activités très différentes et assez ludiques. L’analyse d’objet technique dès ce niveau était très demandée et permettra de mettre en place des savoirs intéressants tout en constituant une introduction très concrète aux pratiques sociales de référence.

Le module ne se limite pas à une simple activité de démontage mais à une réelle analyse de l’objet dans tout son contexte.

Une constante relation avec les acquis du primaire et les autres matières est faite, ce qui permet d’assurer au mieux la continuité entre les deux niveaux et l’interdisciplinarité.

Mais l’aspect créatif de l’élève mis en exergue dans le préambule ne se retrouve pas à ce niveau ce qui est contradictoire avec le primaire où on y fait appel. Pour y pallier, l’ASSETEC suggère une partie « modélisation » de l’approche du « fonctionnement de l’objet » qui permettrait à l’élève de transférer ses acquis en étant actif et créateur et à l’enseignant d’évaluer le niveau de compréhension des élèves.

Troisième

C’est là où il y a le moins de changements puisque l’on retrouve la thématique du projet. Le programme est homogène et permet d’appréhender les principes définis dans le préambule. Le temps nécessaire à la réalisation des deux projets semble correct. Le programme devrait être réalisé dans son ensemble. Les élèves sont les acteurs et partie prenante du projet.

La partie projet pluri technologique reprend ce que nous avions demandé : notamment un projet collectif (qui permettra des réalisations plus ambitieuses et qui correspond bien à l’âge des élèves). Mais il faut souhaiter que la partie multimedia, liée au projet personnel de l’élève, ne se résume pas à une série de fiches métiers.

TIC  :

Pour la place des TIC dans les programmes, l’ASSETEC adhère au texte, mais aurait besoin qu’on précise qui s’occupe de la structuration des savoirs, et quand ? On sait que les élèves utilisent les outils, que cette utilisation leur permet de construire leurs savoirs, on saura avec le document d’accompagnement les compétences et connaissances associées pour chaque niveau, mais cela ne dit pas si c’est le professeur de technologie qui doit s’occuper de la structuration de ces connaissances. Et qui évalue ?

 

Degré d’approfondissement d’une compétence :

Le fait que les niveaux de maîtrise de connaissance soient détaillés entre « information », « expression », « utilisation d’un outil associé à la connaissance » est intéressant mais ne répond pas à la question que nous nous posions : « Jusqu’à quel degré devons-nous approfondir ou détailler une compétence donnée  ? »

Nous attendons que les documents d’accompagnement fixent les limites des savoirs. Par exemple la compétence demandée « Définir et mettre en œuvre le processus de fabrication » fait appel à la CFAO. Quelles en seront les exigences ?

Groupes allégés :

Sans ceux-ci sur tous les niveaux il sera impossible d’atteindre les objectifs du programme. Nous réitérons notre demande : 2 heures attribuées pour pouvoir organiser des groupes sur 1h30.

Les conditions requises pour l’enseignement de la technologie ne sont pas suffisamment décrites. Elles doivent impérativement être définies dans un arrêté :
2 classes = trois groupes.

Ainsi s’ils peuvent paraître surprenants à la première lecture, il s’avère néanmoins que ces programmes correspondent en grande partie à ce que l’ASSETEC avait proposé. C’est une première dans l’histoire de la technologie que l’avis d’une association représentative soit ainsi pris en considération. Tous les membres de l’ASSETEC peuvent en être fiers car c’est la preuve que nous sommes sur la bonne voie et que notre travail et propositions sont reconnus.

Il n’y a plus qu’à écrire les livrets d’accompagnement. C’est monsieur Amarnier, IPR de l’académie de Lyon, qui est chargé de superviser leur rédaction.

Dans les "quelques informations, quelques conseils, consignes… » fournis aux professeurs de technologie engagés dans la mise en place des nouveaux programmes, nous constatons une avalanche de contraintes de limites imposées qui nous semblent incompatibles avec une vraie expérimentation des programmes. Alors que les résultats de la consultation ne sont pas encore connus, le 15 septembre monsieur Amarnier est missionné par monsieur Secrétan et la DESCO pour coordonner les travaux de réalisation des documents d’accompagnement des programmes.

Cette précipitation nous laisse penser que cette expérimentation est bâclée. Que d’autres aménagements étaient possibles pour la rendre plausible. Que la mise en application pouvait être repoussée à la rentrée suivante pour laisser le temps au temps de s’imprégner des nouveaux programmes de chaque niveau, pour laisser le temps de la formation des enseignants à ces nouvelles pratiques…

Guy Amarnier (IPR STI Lyon)

à

Professeurs de technologie engagés dans la mise en place des nouveaux programmes

Quelques informations, quelques conseils, consignes …

Après ma rencontre (mercredi 15 septembre), avec M. Blanchart et Mme Christophe (DESCO), M. Secrétan (Président du groupe des auteurs des programmes) et Mme Mérieux (Coordonnatrice du groupe des auteurs des programmes), vous devez savoir que :

les expressions (expérimentation et pré-application) ne sont plus retenues par le Ministère. Ces deux mots (pour des raisons secondaires) ne correspondent pas exactement à votre mission qui est, très précisément, de réaliser le document d’accompagnement des programmes.

nous aurons l’occasion de nous rencontrer à Paris au cours du mois de janvier 2005 (sans doute autour du 15/20 janvier). Cette réunion permettra la répartition des différents chapitres du document d’accompagnement (souci de complémentarité). D’ici là, chargé de coordonner vos travaux, nous travaillerons par courrier électronique. Faites-moi parvenir vos questions et vos réflexions.

par ailleurs, sur le site du Ministère, un espace va vous être proposé afin que vous puissiez dialoguer entre-vous. Mme Christophe va vous adresser un message contenant les modalités d’accès à cet espace de travail.

votre travail sera probablement rémunéré. Un budget (certes, réduit) est prévu. Bien évidemment, cette rémunération sera modulée, en fonction de votre implication (fond et forme).

tout devra être terminé pour le 15 avril 2005.

Cette rencontre de mercredi a permis également de clarifier, quelque peu, les attentes du Ministère en vue de ce document d’accompagnement. Ce dernier devra apporter, aux différents professeurs, le maximum de précisions sur chacun des chapitres du programme. Ces apports concerneront aussi bien les différents termes utilisés que les divers outils préconisés. Il faudra également que soient proposés des exemples de planification, d’organisation annuelle, d’articulation des différentes parties. Enfin, des séquences et/ou séances de travail (répartition des élèves dans « l’espace classe », constitution des groupes, matériels mis en œuvre, …) pourraient être fournies afin que les collègues enseignants se construisent les meilleures représentations possibles de ce qu’ils devraient mettre en place.

Ces données doivent vous permettre de vous situer le mieux possible et notamment en vous faisant prendre conscience que vous ne disposez pas de toute l’année scolaire pour travailler sur ce programme de 6°. Il faut donc anticiper, peut-être raccourcir certains chapitres, éventuellement passer de l’étude à la fabrication sans avoir pris le temps d’étudier le second objet. Concernant cette fabrication, l’expression « maquette » ne signifie pas que les élèves réalisent un véhicule en carton ou bois avec des roues ou des ailes en papier ! La maquette attendue (construction collective, répartition des responsabilités, solutions technologiques judicieuses) sera proche de la représentation, à échelle réduite, d’un objet. Pour l’instant (à suivre en fonction de la consultation), le thème du transport (biens ou personnes) est incontournable.

Afin qu’il n’y ait aucune difficulté, ce courrier est envoyé à votre IPR. Ce dernier vous sollicitera probablement prochainement dans le cadre de la consultation nationale à laquelle tous les personnels sont invités à participer. Sachez que tous les documents nécessaires à cette consultation sont sur le site EDUSCOL. Ils doivent être complétés et envoyés via l’Académie (donc l’IPR) au Ministère pour le 20 octobre 2004. Le groupe des auteurs des programmes en prendra connaissance les 21, 22 et 23 octobre. Cette consultation recueille les impressions de chacun. Elle ne fait pas double emploi par rapport à votre travail.

J’espère avoir été clair. Je vous souhaite un bon travail et vous adresse mes sincères encouragements.
Très cordialement.

G. Amarnier

 

Le 03 novembre 2004, l’Assetec propose même « Pour gagner un temps précieux », de demander sous forme de pétition, la publication rapide en l’état des projets de programmes et de faire nommer les chargés de missions comme IPR de technologie.

Du jamais vu !

Communiqué  : La Technologie au collège, un enjeu pour la France !

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,

Nous nous permettons de vous adresser ce courrier pour vous faire part de notre grande inquiétude. Les programmes de technologie sont en récriture depuis maintenant près de deux ans et demi. L’ASSETEC, très largement majoritaire chez les professeurs de technologie, a participé positivement et avec beaucoup d’intérêt à ces travaux. Depuis la rentrée, les projets de programmes sont testés dans différentes académies. Une consultation nationale a été organisée à laquelle 23 académies sur 28 ont répondu favorablement.

Les enjeux de cette discipline sont importants pour le pays : faire les bons choix technologiques apparaît aujourd’hui comme l’un des actes majeurs des nations, des entreprises, des citoyens et de leurs représentants. La discipline « Technologie » enseignée au collège répond à ce besoin.

Il nous semble vital pour une meilleure lisibilité de la discipline de pouvoir mettre en oeuvre dans les meilleurs délais et les meilleures conditions les nouveaux programmes.

L’ASSETEC vous demande :

1• Une publication rapide des programmes de 6° et 3° pour une mise en oeuvre en septembre 2005.

2• Une mise en place de groupes allégés sur tous les niveaux.

3• La création d’un corps dédié d’IA/IPR (par exemple en intégrant les chargés de mission).

En vous remerciant à l’avance de bien vouloir prendre en considération ces demandes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de nos salutations respectueuses.

NOM :______________________________________ COLLEGE :


ACADEMIE  : ________________________________

ASSETEC 116 rue Alix 93600 Aulnay-sous-Bois Tel/fax : 01-64-66-12-65
site Internet : www.assestec.net E-mail :assetec@assetec.net

L’Assetec n’a pas fait état du nombre de réponses à cette pétition.

L’A.E.AT. riposte aux projets de programmes et aux résultats de la consultation présentée le 18 octobre 2004, par une lettre ouverte rédigée lors de ces journées d’études les 12 et 13 novembre 2004.

LETTRE OUVERTE

Au Premier Ministre, à la Profession
Aux organisations représentatives présentes au CSE

Depuis deux ans, sans que l’on puisse en connaître les raisons, la TECHNOLOGIE, ses programmes, ses enseignants sont remis en cause sans aucune évaluation scientifiquement organisée.

Le rapport Joutard tentait une analyse de la discipline et reconnaissait la difficulté et le risque qu’il y avait à réécrire les programmes dans des délais aussi courts. Monsieur le Recteur Joutard a été remercié.

La commission Secrétan a, sans transparence, élaboré et publié des projets de programmes. Puis elle les a soumis à une consultation hâtive et non publiée. Elle conclut, contrairement au terrain, à la reconnaissance par la profession de leur validité.

Aujourd’hui, la TECHNOLOGIE, discipline enseignée de la 6° à la 3°, contribue pleinement à la construction de savoirs et compétences communs pour tous les élèves du collège. Elle s’adresse à tous, quelle que soit la poursuite d’études : elle n’est ni un débouché automatique vers l’enseignement professionnel, ni réduite à une remédiation pour les élèves en difficulté, et encore moins une discipline d’orientation. Elle vise donc l’acquisition de compétences propres à la discipline par tous les élèves dans le cadre de leur formation générale.

La TECHNOLOGIE se fonde sur la compréhension et la mise en oeuvre d’activités sur projets techniques. Elle permet au collégien de mobiliser concrètement les connaissances acquises de la maternelle au collège ; elle met en œuvre une variété de domaines techniques dont ceux de la « technologie de l’information ». Elle s’oppose à l’idée de hiérarchie des intelligences. Elle permet, en prise directe avec le réel, de valider les apports du collège. Les élèves ont ainsi la possibilité d’exercer des rôles différents dans des situations référencées aux pratiques réelles.

Par des questionnements sur la conception et la réalisation de produits, elle donne à raisonner sur des choix de solutions techniques et sur l’organisation nécessaire pour leur mise en oeuvre. La TECHNOLOGIE propose à l’élève de s’approprier deux points de vue complémentaires :

celui d’acteur dans les pratiques techniques d’un travail en équipes, ce qui favorise l’apprentissage de son autonomie et la construction de son identité sociale.

celui d’usager et de consommateur critique des produits inscrits dans les systèmes techniques qui l’environnent, ce qui est en rapport avec le développement de la citoyenneté.

L’AEAT et les enseignants signataires estiment qu’il est aujourd’hui nécessaire et cela sans précipitation, en s’appuyant sur l’orientation générale que la société fixe (ou fixera) au système éducatif, de redéfinir les contours des activités technologiques éducatives dans la formation générale. Pour ce faire, il est indispensable de respecter une méthode :

définir la finalité de la formation générale obligatoire.

fixer, en ce qui concerne le collège, les objectifs de fin de 3° toutes disciplines confondues.

préciser les articulations entre les disciplines et accepter, ou non, une diversification de la culture générale commune.

A partir de là et en s’appuyant sur l’analyse de la situation, il sera concevable, en tenant compte de l’avis de scientifiques reconnus, et des praticiens de la discipline, dans la continuité des travaux de la COPRET, de redéfinir les activités technologiques éducatives dans le système scolaire. Toute conception de nouveaux programmes devra préciser les conditions objectives de mise en œuvre : horaires significatifs (cf. COPRET), organisation en groupes à effectifs réduits (cf. COPRET), conditions matérielles et financement des productions.

Dans l’immédiat les enseignants signataires refusent toute validation des programmes dans l’état où ils sont proposés. Elles appellent les organisations présentes au CSE à les y refuser.

Journées d’étude de l’AEAT (CNAM PARIS – Novembre 2004)

Le salon de l’éducation
(17-19 novembre 2004) montre la vraie raison de cette précipitation et de cette persistance pour le thème des transport : Tous dans le même wagon ! Tout est déjà écrit, mis sous presse, les maquettes arrivent, il n’y a plus qu’à rédiger les bons de commande, la pédagogie on verra plus tard !

Extrait d’un courrier adressé au C.A. de l’A.E.A.T. par un collègue :

Salon Educatec version 2004.

« Au retour du Salon Educatec édition 2004, je souhaiterais vous apporter quelques informations et partager mes impressions sur ce que j’ai vu ou ressenti au cours de ma visite le jeudi et le vendredi. D’habitude, la visite du salon avait pour effet de favoriser l’émergence de projets, d’apporter des idées neuves, d’envisager des perspectives d’avenir prometteuses. On en revenait plein d’énergie et plein d’idées à lancer. Cet enthousiasme s’est essoufflé l’année dernière et ce n’est pas l’édition 2004 qui corrigera cet effet chez bon nombre de professeurs de technologie. Cette édition a été marquée par l’absence de plusieurs de nos fournisseurs habituels y compris parmi les grands. Elle a également été marquée par l’arrivée de fournisseurs inattendus qui proposent déjà sur leurs stands les maquettes conformes aux nouveaux programmes de sixième alors que ceux-ci ne sont pas encore officiellement sortis.

Les maquettes proposées pour la mise en place du nouveau programme de sixième ne sont plus au stade de prototypes, ce sont des produits aboutis, fournis avec un dossier pédagogique détaillé et très bien structuré. On peut émettre l’hypothèse que le fournisseur a pris un pari risqué en travaillant à partir des propositions de programmes sans en avoir la certitude que le texte en question serait validé comme on peut se demander s’il a reçu des garanties sur une probabilité forte que ce texte soit adopté sans modifications majeures, ce qui laisserait alors supposer que la consultation des enseignants arrivait un peu tard pour qu’elle puisse être écoutée sereinement.

Les collègues avec qui j’ai parcouru ce stand pourront confirmer que les produits sont de très bonne qualité, qu’à première vue le dossier pédagogique qui les accompagne est aussi de très bonne texture, des questions restent cependant à l’ordre du jour : L’étude de ces objets sera-t-elle de nature à passionner les élèves (garçons et filles) de sixième ? Les notions abordées sont-elles à la portée de cette tranche d’âge ? Une chose est sûre, quoiqu’on en dise, si les textes définitifs sont ceux qui sont dans ces dossiers pédagogiques on consacre 30 heures à l’étude d’objets et 15 heures aux activités de réalisation, c’est une preuve de l’évidence du passage au second plan des activités de fabrication. Concernant l’intégration des TIC, celle-ci se ferait effectivement à travers les activités ce qui reviendrait pour la classe de sixième à demander à l’élève de faire une représentation du principe de fonctionnement de l’objet étudié sous forme de diagramme, de réaliser des recherches documentaires (classement chronologique d’objets), de lire des documents numériques, d’utiliser une machine pilotée par ordinateur et de réaliser une notice ou une fiche…. »

Le salon de l’éducation s’est déroulé sans l’A.E.A.T., nous n’y étions pas invité, ni pour tenir un stand, ni pour participer à une conférence ou une table ronde.

Le 23 novembre 2004, le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) pour le Collège reçoit le projet de programme de 6°. Il a été légèrement modifié par la DESCO. Le projet pour les 3° ne sera pas présenté au Conseil Supérieur de l’Education du 1° décembre 2004.

 

27-28 novembre la FCPE se réunit en colloque sur le thème : “La Technologie, un élément fondateur du socle commun”. Contrairement aux autres associations l’AEAT n’y est pas invitée : la présidence de la FCPE dit ne pas nous connaître alors qu’elle reçoit notre bulletin gratuitement depuis des années, que nous lui avons fait parvenir dernièrement la compilation de nos positions concernant la technologie et son devenir. La composition de la table ronde laisse penser que le débat a pu être contradictoire.

Extrait du compte-rendu publié par l’Assetec :

Colloque de la FCPE :
La Technologie : un élément fondamental du socle commun
Le samedi 27 novembre 2004

Le matin : Intervention de M. THELOT, président de la commission du débat national sur l’avenir de l’école.

Présentation générale du rapport par M. THELOT : ci-dessous retranscription de ses propos.

Le contexte :

M. THELOT a situé le contexte du rapport en précisant que ce dernier était juste un chaînon intermédiaire destiné à préparer un bon projet de loi.

Donc un instrument, pas une réflexion. Le rapport a été volontairement limité au baccalauréat, sans aller vers les universités. Il n’a pas été évoqué la concurrence avec les USA, l’évolution de l’Europe.

Il est issu d’une élaboration démocratique : le travail a été mené pendant 13 mois et tout a été voté. En fait le rapport est comparable avec une ligne de crête : personne n’est d’accord ni en désaccord avec tout le contenu du rapport et c’est ce qui en fait sa légitimité.

La commission a été indépendante, non liée au premier ministre. Elle s’est réunie au printemps 2003 et a rendu son rapport le 12 octobre 2004.

Le contenu :

Son but  : renouveler les problématiques sur l’éducation comme renouveler les termes : ex pas d’emploi de terme comme « collège unique », trop polémique.

Pour M. THELOT il faut arrêter de dire les choses mais il faut faire les choses. Il faut travailler sur le comment et non sur la définition sur le socle de connaissances. Qui est comme une architecture, les soubassements sont une condition sine qua non de la solidité du socle de connaissances. Sinon c’est se moquer de la jeunesse car 15 % de jeunes sortent actuellement sans bagage.

La philosophie de la commission a été de penser que le cœur de la réussite éducative était la classe, l’établissement et non l’espace géographique... comment concilier une hausse d’autonomie qui permet une réussite plus grande avec un cadre permettant que cela n’éclate pas. Elle a pensé à mettre en place une autorité indépendante (pas seulement consultative) qui déciderait de définir le socle commun.

Les pères fondateurs pensaient qu’il fallait arracher l’élève au patois (le breton par exemple), aux vices de la rue pour les mettre dans une école fermée, un sanctuaire. Maintenant, il faut raisonner autrement. Il faut que dans l’école il existe des valeurs différentes de celles de la société. Il faut apprendre aux élèves à respecter des règles (= valeurs) même si ces règles ne sont pas respectées par les grands. Par contre l’école ne pourra réussir seule : il lui faut un vrai partenariat avec les parents.

L’enseignement de la technologie :

1 . Dans l’illustration que propose la commission d’une programmation des enseignements, pourquoi propose-t-elle de placer la technologie au sein des enseignements communs à tous de la scolarité obligatoire

La commission n’est pas entrée dans le détail des réflexions disciplinaires car elle aurait mis en place des programmes et non un socle de compétences, de connaissances, de comportements qui est :

Une scolarité obligatoire mixte réussie avec des enseignements communs à tous qui soient validés par un vrai brevet. Et après vient l’enseignement spécifique. Il faut s’assurer que l’élève maîtrise les enseignements communs à tous et ce tout au long du cycle, pas seulement à la fin : ce seront les enseignements du socle. Il faut pouvoir détecter les problèmes dès le début de la scolarité pour éviter la ghettoïsation. Donc amener les enseignants à changer évoluer dans leur métier, leur pratique, et les former à cela.

La technologie est un enseignement ouvert à tous et pas seulement aux mauvais élèves. Son apport spécifique vient du fait que tout est centré sur le projet et que tout dans la vie est un projet. A coté de la technologie, il faut réintroduire une discipline : les travaux manuels afin d’élargir les modes d’appréhension des élèves. Il faut qu’il manipule ! Et la partie de la technologie qui tourne autour des TIC, la mettre dans le socle commun afin d’armer les élèves à mieux appréhender le monde environnant ; les TIC ne sont que des instruments au services de compétences.

2° Dans l’organisation générale du lycée, la commission propose une division en trois grands ensembles de voies, se subdivisant elles-mêmes entre des séries typées.

Comment, en conséquence, la commission justifie-t-elle, sa proposition au titre des illustrations d’aménagement, « …que l’on pourrait distinguer quatre grandes voies préparant prioritairement à des études supérieures courtes pour lesquelles l’appellation «  technologie », peu opérationnelle, lui paraît devoir être abandonnée… » (les quatre grandes voies préconisées sont : technologie industrielle, commerce et sciences de gestion, design et sciences appliquées, santé et action sociale).

Sur le lycée, on ne peut l’expliquer qu’à partir du supérieur et du collège.

Le lycée est en assez bon état, donc le réformer n’est pas prioritaire surtout que le réflexe des précédents ministres a été de réformer les lycées.

Le mot technologie a du mal à se mettre dans les appellations (manque de lisibilité du terme ?) de filières comme celles appelées actuellement : technologies tertiaires. Il serait mieux de d’associer le mot technologie à « Technologies Industrielles » mais pas pour les autres.

Réponses aux questions de la salle par M. THELOT

Les horaires pour les TIC  : question non traitée par la commission pour ne pas rentrer dans les conflits disciplinaires. La commission n’est là que pour lancer un processus, diversifier des pratiques.

Qui enseigneraient les TIC et les TM ? les IUFM sont trop monocolores, il faut élargir le vivier et faire prendre de l’ampleur à un statut de professeur associé. Il serait bon de diversifier les modalités pour être professeur : la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), le professeur associé et le professeur classique.

Les TIC : ce n’est qu’un moyen, un instrument utilisé par différentes disciplines, par différents professeurs. Donc permet la transdisciplinarité. Donc la bivalence des professeurs serait souhaitable.

L’autonomie des établissements : la commission a essayé de bannir le mot « projet d’établissement » mais n’y est pas arrivé. Le projet d’établissement est devenu de la paperasserie ; un établissement est différent s’il est à Metz ou à Epinal. L’école doit tenir comte de son environnement ; les sources de différence peuvent être externes et sont aussi internes. Les acteurs (COP, profs, …) doivent réussir et n’ont pas le droit de faire n’importe quoi. Il existe une liberté pédagogique mais dans un cadre national qui est le squelette et qui borne le progrès des élèves. Il faudrait pérenniser les équipes pédagogiques.

Prendre appui sur ces 2 sources en essayant d’évaluer les forces et les faiblesses de l’établissement pour mettre en place une vraie politique d’évaluation avec le mot « contrat » et la possibilité de se faire enlever les moyens si les objectifs ne sont pas atteints au bout de 3 ans. Contrat entre l’établissement, l’état et la collectivité territoriale.

Les moyens : Nous sommes dans une période de grande contrainte en ce moment ; mais dans 15 ans, qu’en sera-t-il ? On ne peut réformer sans moyens ; la commission décrit ce qu’elle va faire avec ses conséquences. Le renouvellement des professeurs sera presque de moitié d’ici 2012., de 2/3 pour les chefs d’établissement, de 2/3 pour les inspecteurs. Il n’est pas forcé de remplacer tous les professeurs et emplois qui partent. Une nouvelle loi sera nécessaire pour re-dynamiser les classes avec un cadre au préalable.

Samedi après midi

14h30-17h00 table ronde avec

Philippe JOUTARD, professeur des universités, ancien recteur

Patrick RICHARD professeur de technologie, responsable de l’association en ligne « pagestec »

Muriel ESCH, professeure de technologie, responsable de l’association ASSETEC

Jean-Louis MARTINAND, Professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan

Guy MANNEUX, chargé d’études à l’INRP (didactiques des enseignements technologiques)

Intervention brillante de M. Joutard, formidable ambassadeur de l’enseignement de la technologie au collège.

Puis celle de M. Richard qui a entre autre demandé un report de 13 mois pour la sortie des nouveaux programmes.

Puis celle de l’Assetec par l’intermédiaire de Muriel Esch accompagnée dans la salle par Boris Chianale, Sandrine LeFrançois et Denis Pichot.

Que veut-on que l’élève apprenne quand on lui enseigne la technologie ?

A réfléchir  ! à partir de situations concrètes qui engendrent des questionnements puis une mise en oeuvre d’une démarche d’investigation ou de résolution de problèmes. Les élèves français sont parmi les meilleurs dans les pays occidentaux pour restituer un cours mais parmi les derniers pour utiliser leur esprit de discernement or de ce dernier est nécessaire pour développer de la créativité, comprendre des technologies cachées, acquérir un esprit citoyen et éviter une appropriation de la diffusion des informations scientifiques et techniques par des spécialistes comme les media.

A être acteur de son propre enseignement  ; avec les nouveaux programmes, à l’aide de la démarche d’investigation, c’est à dire chercher par rapport à un objet comment il est fait, comment il marche, qui l’a fait et pourquoi etc.… et une démarche de résolution de problèmes, c’est à dire à partir d’un questionnement, chercher les solutions qui pourraient y répondre et choisir la solution la plus adaptée en fonction des paramètres donnés.

Attention, ces démarches n’excluent surtout pas les acquisitions de savoirs, savoirs être, et savoirs faire avec évaluations régulières sommatives et normatives.

Et donc nécessitent des groupes à effectifs allégés.

A élaborer, concevoir, réaliser des projets qu’ils soient matériels ou non pour maîtriser les informations qu’elles soient verbales, écrites ou numériques.

Et enfin à permettre à l’élève d’avoir une meilleure connaissance des activités humaines pour pouvoir avancer dans ses choix.

La technologie est-elle un élément indispensable du socle commun de la scolarité obligatoire ? Pourquoi ?

Oui afin de mieux connaître le monde qui l’entoure.

Oui, parce que les technologies sont omniprésentes et le collège est le dernier lieu de formation pour tous les élèves et c’est là qu’il pourra y rencontrer la technologie.

Oui, pour accompagner l’évolution de la France vers une société d’ingénierie (comme le montre le rapport de la DATAR) par un enseignement adéquat.

Oui pour montrer que les sciences et la technologie sont complémentaires.

Comment appréciez-vous les réponses qu’apporte le rapport de la commission « Thélot » en matière d’enseignement de la technologie ?

M. Thélot n’est pas entré dans le détail des programmes ce matin, mais d’après ce que j’ai entendu, il y aurait 3 disciplines à part entière, les travaux manuels, la technologie, la découverte des métiers et en plus les TIC discipline transversale à toutes les disciplines... Cela fait beaucoup de matières différentes et on peut s’interroger sur la question des moyens nécessaires pour les mettre en oeuvre, sachant que nous sommes dans une période de moyens constants.

La technologie a déjà du mal à faire sa place dans la situation actuelle, qu’en serait il avec 3 autres matières ? il faut savoir qu’il n’y a pas d’Inspecteurs propres à la technologie, pas d’agrégation en technologie et pas souvent la possibilité d’enseigner en groupes allégés comme il est recommandé dans les textes. Il a été question d’officialiser la mise en place de groupes allégés lors de la mise en place de la grille horaire en 3° mais cela ne s’est pas fait à cause de certaines représentations syndicales.

Nous, l’Assetec, n’avons pas peur de la disparition de la technologie. M. Joutard a beaucoup travaillé à promouvoir la technologie surtout parmi les personnes du ministère et les professeurs de technologie ne peuvent que l’en remercier. M. Secrétan a repris le travail, a sorti des projets qui sont ce qu’ils sont et qui ont l’avantage d’être lisibles par tous, et par les enseignants et par les personnes extérieures dont les parents. Nous ne sommes pas d’accord pour reporter de 13 mois la sortie des programmes car cela fait 2 ans et demi qu’ils sont en rénovation, cela provoque un malaise parmi les professeurs et il faut que cela cesse.

Après l’intervention de M. Martinand puis celle de M. Manneux, nous avons essayé de répondre au mieux aux questions de la salle.

De nombreuses questions ont porté sur les stages en entreprise, sur la contribution aux objets confectionnés en technologie, sur le pourquoi de la nécessité de changer les programmes, sur la formation des enseignants, sur la question des groupes.

Il s’est avéré que la technologie était encore une matière mal connue des parents, parfois assimilée à un enseignement professionnel  ; ou ne correspondant pas à l’image qu’ils s’en faisaient. Par deux fois dans l’assistance, une personne a fait la remarque suivante : « mais la technologie telle vous nous la présentez, je ne la vois pas en tant que parent d’élève ». De même que j’ai essayé de faire comprendre que le problème des chèques pour la contribution aux objets en technologie pouvait être résolu par la mise en oeuvre d’un projet collectif exemple avec la mise en place d’un défi exemple Cybertech.

Les représentants de parents ont semblé très intéressés et certains en sortant nous ont félicité en tant qu’enseignants, donc représentants de cette discipline si particulière qu’ils avaient découverte. Il nous semble donc très important de continuer le dialogue avec les représentants de parents afin que notre discipline soit reconnue à sa juste valeur.

Nous remercions la FCPE pour leur invitation et espérons continuer à l’avenir ce dialogue fructueux.

 

Lettre de l’AEAT à l’attention de
Monsieur le Président de la FCPE.

Monsieur le Président,

Nous venons d’apprendre la prochaine tenue d’un colloque sur le thème « La Technologie, un élément fondateur du socle commun » organisé par la FCPE et nous vous en félicitons vivement.

Cependant nous nous voyons dans l’obligation de vous faire part de notre étonnement à la lecture du programme de ces deux journées.

En effet, l’AEAT, l’association la plus ancienne de professeurs de Technologie, n’y figure pas : elle n’a été ni pressentie ni contactée au même titre que les autres associations pour y participer ou, à tout le moins, y être invitée.

Nous n’avons pas même été informés de la tenue de ce colloque.

Pourtant nous vous adressons régulièrement notre publication “ACTIVITÉS TECHNOLOGIQUES”, nous vous envoyons des synthèses de nos travaux et, récemment, une lettre ouverte aux organisations membres du CSE.

Nous avons travaillé par le passé avec la FCPE et l’avons rencontrée à plusieurs reprises mais il est vrai que cela date de plusieurs années. Depuis, nos envois et les demandes de rencontres sont restés sans réponse.

L’étonnement, pour ne pas dire plus, que nous éprouvons à la découverte de cette manifestation à laquelle nous ne sommes pas conviés est peut-être l’occasion de reprendre des contacts pour l’instant inexistants.

Il nous intéresse, en tous cas, de connaître les raisons, peut-être justifiées d’ailleurs, pour lesquelles nous n’avons pas été invités à intervenir et nous vous remercions par avance de bien vouloir nous les exposer à votre convenance.

En attendant de vous lire, Monsieur le Président, nous vous souhaitons de fructueux travaux durant ces deux journées et vous prions d’agréer l’expression de nos sincères salutations.

Pour le Conseil d’Administration de l’AEAT
Le Président,
Christian HOUDRE

La réponse :

De : fcpe <fcpe@fcpe.asso.fr>

À : Pdt.Aeat@wanadoo.fr <Pdt.Aeat@wanadoo.fr>

Date : lundi 29 novembre 2004 15:25

Objet  : RE : votre colloque des 27 et 28/11/04 sur la Technologie.

Cher monsieur,

Il n’y avait aucune volonté d’ostracisme de notre part.

Nous ne connaissons pas toutes les associations et c’est en demandant autour de nous la présence de professeurs de technologie que nous avons été orientés vers ces deux associations.

J’ai en tout cas bien noté vos coordonnées, et nous vous enverrons bien volontiers les actes de ce colloque.

Bien cordialement,

Thierry VOLCK
Chargé de mission
Fédération des Conseils de Parents d’Elèves
Secrétariat Général
108 avenue Ledru-Rollin
75544 PARIS Cedex 11
Tél. : 01.43.57.16.16 - Fax : 01.43.57.40.78
E-mail : fcpe@fcpe.asso.fr - Site : http://www.fcpe.asso.fr

Le 1° décembre, le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) vote l’arrêté modifiant les programmes de technologie en 6° à partir de la rentrée 2005 ! Quelques amendements ont été accordés, les syndicats expliquent leur position respective :

Le CSE du 1° décembre par le SNES :

Nous avons réussi à faire abandonner le projet initial de technologie différenciée en 3°

Nous avons obtenu que le projet 3° soit reporté, « malgré les : vite, vite M. le ministre appliquez les programmes 6° et 3° dès 2005 !! , nous vous soutenons, NOUS ! »

Nous avions demandé le report, après le débat sur la loi d’orientation, de toute proposition de modification des programmes. Ce report, d’autres le souhaitaient, pour d’autres raisons, (voir : site http//www.academie-technologies.fr édifiant !!) espérant ainsi régler son compte à la discipline. Il eût été suicidaire de laisser faire. C’est pourquoi le SNES a choisi, en prenant l’option de déposer des amendements, d’asseoir la technologie dans le champ des disciplines enseignées au collège, de la faire reconnaître comme partie intégrante de la culture commune.

Nous n’étions pas demandeurs de modifications, et surtout pas en 6° dont globalement le programme satisfaisait les collègues. Mais nous ne sommes pas maître d’œuvre en la matière !

Nous avons pris acte des modifications concédées entre les deux versions de projets qui nous étaient proposées. Les collègues, dans leurs remarques, le document de travail que nous avions élaboré, les manifestations diverses de réprobation qui se sont manifestées (550 cartons jaunes [selon les hébergeurs], initiative individuelle, envoyés en 5 jours font fortement partie du lot !), les initiatives unitaires, y compris avec les associations de professeurs de technologie, AEAT et PAGESTEC et de l’A.E.E.T., tout cela à pesé, même si nous ne pouvions nous satisfaire du résultat final proposé :

La discipline est reconnue discipline d’enseignement ayant un contenu et créatrice de connaissances. Disparition de l’appellation générique « les technologies »

Cette discipline contribue à la culture commune

La réintroduction des T.I.C. dans les missions éducatives de la discipline (sans en être propriétaire...), et qui deviennent aussi objet d’enseignement

Les termes parfois utilisés laissent quelques libertés aux enseignants notamment sur la répartition du temps alloué aux diverses activités. Gageons qu’ils sauront pousser les portes entr’ouvertes !

Le Projet personnel n’est plus l’objectif « officiel » affiché.

La démarche d’investigation n’est plus le credo sine qua non de la discipline.

AMENDEMENTS PROPOSES PAR LE SNES : TOUS PRIS SAUF LE 4

Il y avait 9 amendements :

PAGE 1 : Amendement 1

Remplacer la référence « académie des technologies » 1 par : la conclusion de la COPRET 1

La finalité proposée pour l’éducation technologique comme élément important de la culture générale est :

Compréhension, appropriation des démarches de conception, étude, fabrication, essais, utilisation de produits technique (objets techniques matériels, organisation d’informations en vue d’un but déterminé) Compréhension de l’influence de la technique sur la culture d’une société et empreinte de la technique dans la culture.

Pour atteindre cette finalité plusieurs étapes pédagogiques sont nécessaires, pour certaines, les technologies avancées devront jouer un rôle important.

Note  : la référence initiale reste en tête du préambule,… mais est suivie de la référence COPRET que nous avons proposée et qui est donc ainsi intégrée ! A.D.

PAGE 1 : Amendement 2

organisation de l’enseignement § au cycle d’adaptation, remplacer « à quoi sert l’objet » par « à quel besoin répond l’objet étudié ? »

PAGE 2 : Amendement 3

§ au cycle central les travaux et les réalisations,... ajouter : individuelles ou collectives

Amendement 4 non intégré

page 2 avant dernier § la mise en oeuvre des activités....... Conduit... remplacer « recommander » par : organiser

note  : voir vote unanime avec amendement soutenu par le SNES. A.D.

PAGE 5 : Amendement 5

répartition indicative : Dans le tableau, même si l’ordre est indicatif, replacer la réalisation en tête et augmenter le temps qui lui est alloué, la réalisation incluant, « dans sa démarche" plus de temps que la seule observation. (à titre d’exemple : les matériaux [- 1 heure pour chaque] et - 2 heures sur fonctionnement total + 4 h = 22 heures disponibles pour la réalisation)

PAGE 7 : Amendement 6

§1 le fonctionnement de l’objet technique, fin de § réécrire...

« besoin, fonction économique et sociale (fonction d’usage, d’estime, technique) solution technique et réalisation. » proposition : Dans le tableau remonter l’analyse du besoin en première ou deuxième ligne.

PAGE 11 : Amendement 7

§ 1 évolution des objets techniques

A partir des illustrations simples...... « dans UN des domaines définis et laissés au libre choix des enseignants, dans le respect des objectifs fixés par les programmes »

PAGE 12 § 1 la réalisation d’un objet technique : Amendement 8 :

la réalisation permet d’exploiter et de mettre en « évidence » la cohérence etc. § 2

Amendement 9 :

la réalisation collective « ou individuelle » doit permettre de retrouver etc... « et de contribuer à l’émergence de nouvelles connaissances et compétences. »

 

CSE du 1er décembre programmes de Technologie au collège

Déclaration du Sgen-CFDT

Le Sgen-CFDT est très attaché à la technologie au collège, et à l’idée d’une culture technologique partie prenante du socle commun.

Le Sgen-CFDT n’est toujours pas d’accord avec le texte proposé.

Sur la méthode d’abord, le groupe de travail est longtemps resté sourd aux alertes lancées par les associations de spécialistes et les syndicats sur un possible contresens. La consultation prévue par les textes s’est déroulée sur un temps trop réduit, et la synthèse a été faite dans l’absence totale de transparence. Sur le fond, nous continuons à dire que la proposition de programme fonctionne comme si la technologie suivait un raisonnement scientifique (investigation, résolution de problème, ...) alors qu’elle poursuit un cheminement de conduite de projet.

C’est cette démarche de projet de conception/réalisation au sein d’une équipe qui met l’élève en situation d’acteur et permet une approche des pratiques techniques réelles (industrielles mais aussi économiques et sociales).

La démarche expérimentale doit bien sûr faire l’objet d’un apprentissage, mais au sein des sciences expérimentales, et la démarche d’investigation ne doit pas être artificiellement appliquée aux autres champs disciplinaires.

De plus faute de temps et de moyens, on risque de ne faire qu’une technologie du discours, une sorte de leçon de choses techniques.( à ce titre, nous soutenons l’amendement du SE-Unsa)

Enfin, la technologie de l’information suppose un apprentissage singulier qui ne saurait se réduire à l’usage sans réflexion de logiciels utilisés dans les autres disciplines.

Vote du CSE :

pour 10 (Snalc, CSEN, CGC, ...)

contre : 3 (Sgen),

abstention 25 (Snes, FSU, SE-Unsa, ...)

Ci-dessous, un extrait du compte-rendu du CSE du 01 décembre 2004 établi par les représentants du SE-UNSA ...

Les programmes de technologie au collège

Le feuilleton de la rénovation des programmes de technologie au collège a connu un premier épilogue au Conseil Supérieur de l’Education du 1er décembre. Le ministère a soumis à l’avis du CSE le seul programme de sixième, reportant à plus tard le programme de troisième. Le SE-UNSA s’est félicité de ce report qu’il avait demandé. L’entrée en application d’un nouveau programme en troisième, à la rentrée 2005, aurait rompu la progression logique des cycles.

Nous avons souligné les évolutions positives apportées aux programmes suite à nos rencontres avec le groupe d’experts et la nécessité pour nous d’inscrire la culture technologique dans le socle commun. Le SE-UNSA a fait approuver à une écrasante majorité (35 voix pour, 4 abstentions, 0 contre) un amendement inscrivant la nécessité de groupes à effectifs réduits en technologie. Mais le ministère a refusé d’intégrer cet amendement. Dès lors, nous ne pouvions pas soutenir ce projet. Nous nous sommes donc abstenus avec les syndicats de la FSU, la FCPE et la PEEP.

Un groupe d’universitaires proposent aux associations d’êtres signataires, de faire connaître et d’inciter à signer la lettre suivante, adressée au ministre. Elle est hébergé par le site de Pagestec : (http://www.pagestec.org/signature/) et comptait 1211 signatures le 30 mars 2004.

Le 12 décembre 2004

Monsieur le Ministre,

De manière quasi simultanée, alors que vous annonciez, dans votre projet de loi d’orientation, que 100% des élèves doivent quitter le système scolaire avec une qualification, que vous souhaitiez doubler le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur et que vous désiriez renforcer et développer les filières technologiques et professionnelles dans l’enseignement supérieur, le Conseil Supérieur de l’Education adoptait par 10 voix pour, 3 contre et 25 abstentions un texte proposant une évolution majeure pour l’enseignement de la technologie au collège. Ce texte est le résultat du travail d’une commission présidée par Monsieur l’Inspecteur Général SECRETAN. Plus qu’un réajustement d’un programme vieux de seulement quelques années, il s’agit de réorienter en profondeur cet enseignement, ce qui va en modifier radicalement la signification. En tant qu’universitaires, que responsables de cursus professionnalisant, qu’enseignants ou que personnalités attentives, cette proposition nous semble aller à l’encontre du développement complémentaire mais distinct d’une culture technologique et d’une culture scientifique, et ainsi aller à l’encontre de la construction de bases solides acquises dès le collège pour asseoir des cursus d’études à venir.

En effet, au moment où notre pays manque cruellement d’étudiants dans toutes ses filières technologiques supérieures, au moment où le pari de l’avenir se joue dans l’investissement sur les intelligences à concevoir, à développer et à mettre en œuvre de nouvelles technologies pour élaborer de nouveaux produits industriels au moment où des techniques de plus en plus sophistiquées sont mises en œuvre dans nos actes quotidiens et que leur usage nous engage en tant que citoyen, notre pays est en train de tourner le dos à l’élaboration des bases d’une culture technologique pour tous. Ce grand principe ambitieux a été posé lors de la conférence de l’Unesco de Paris en 1982 et met l’accent sur la nécessité d’un cheminement cohérent depuis l’école maternelle jusqu’au baccalauréat. Elle ne peut se confondre avec la nécessaire élaboration d’une culture scientifique : les concepts manipulés, les méthodologies employées, les approches pratiquées en technologie sont différents de ceux abordés en sciences

En vingt ans d’histoire récente, l’enseignement de la technologie commençait à poser les bases des connaissances nécessaires pour acquérir cette culture. Les enjeux de cet enseignement relèvent de la compréhension du mode d’existence des produits, qui résultent de la mise en œuvre, du développement et des évolutions des techniques. Ancré fermement dans les organisations sociales qui conçoivent, réalisent ou utilisent des biens ou des services, l’enseignement de la technologie repose sur une approche rationnelle de l’organisation productrice de l’Homme. Différente de l’approche artistique, l’enfant apprend à concevoir et à produire en contrôlant a priori l’ensemble des paramètres et des contraintes qui conditionne cette élaboration sans la dissocier de son usage futur. Il découvre ainsi, de manière raisonnée, comment l’on passe pratiquement d’une idée à un produit. Dans cette pratique, l’élève doit anticiper chacune de ses actions, apprendre à les planifier dans le temps, gérer les organisations qu’il met lui-même en place, transformer la matière, mettre en œuvre des matériels et outillages techniques et, en bout de course, il doit répondre à des questions simples qui lui permettent de prendre la mesure entre le prévu et le réalisé. Grâce à une réflexion sur sa pratique, il peut établir une comparaison avec des pratiques techniques extérieures à l’école et repérer les différents acteurs sociaux qui interviennent dans ce processus.

Ces choix d’organisation des apprentissages caractérisent l’éducation technologique dans de nombreux pays européens depuis l’école maternelle jusqu’à la fin de l’école obligatoire, voire jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. La France a été un des premiers pays à introduire un tel enseignement au milieu des années 80, c’est aussi le premier à en minorer l’importance, à le renvoyer dans les zones obscures des sous disciplines scolaires, à sans cesse rogner sur ses conditions d’existence. Alors que le nombre de bacheliers a pratiquement doublé en vingt ans, il est à craindre que les propositions faites nous éloignent encore plus de cet objectif de l’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur par un jeune sur deux d’une même classe d’âge.

L’enseignement technologique ne peut exister sans une forte volonté affirmée des autorités de tutelle, au premier rang desquelles le Ministère de l’Education Nationale. La création des dominantes dans la formation des professeurs des écoles a relégué l’initiation scientifique et technologique à la portion congrue. Moins d’un enseignant sur trente avoue mettre en œuvre des activités technologiques à l’école primaire ; autrement dit, cinq élèves sur six traverseront toute l’école primaire sans jamais se pencher sur des questions de technologie. Pour un pays qui a la prétention de jouer dans la cours des grandes nations industrielles, le paradoxe est saisissant. En comparaison, tous les petits anglais ont un enseignement obligatoire de technologie (Design and Technology) de deux heures hebdomadaires pendant toute leur scolarité obligatoire, de six à seize ans. Cet enseignement met l’accent sur la compréhension des interactions qui existent entre la conception d’un produit, sa fabrication et son utilisation. Très tôt, cet enseignement joue sur l’intégration des contraintes en favorisant des approches actives qui visent à développer la créativité, l’innovation, le goût d’entreprendre…

En pensant traiter des relations entre sciences et technologie, le projet de programme pour la classe de sixième rentre dans un faux débat. Il est temps de poser les bases d’une éducation technologique pensée dans la continuité de l’école maternelle jusqu’au baccalauréat :

Un enseignement qui s’organise sur une progressivité des compétences et des savoirs étudiés qui permettront aux élèves d’acquérir une culture technologique à la mesure des enjeux technologiques de ce siècle. Tous les élèves rencontreront ces technologies dans leur vie quotidienne, soit comme concepteur ou producteur dans leur futur travail, soit comme utilisateur.

Un enseignement qui met en œuvre des dispositifs d’apprentissages originaux dans lesquels l’élève contribue à l’élaboration des solutions pour le projet dans lequel il est engagé en organisant et en planifiant ses actions dans un processus qui articule les objectifs qu’il doit atteindre aux moyens dont il dispose.

Un enseignement qui met en relation, dans une dialectique permanente, les techniques, leurs principes, leurs productions et les différentes représentations que l’on peut en construire. Les différents modes de représentation reposent sur la découverte et l’intégration progressive des symboles et des normalisations qui fondent tous les langages, qu’ils soient techniques ou non.

Un enseignement qui permet de se confronter aux différents outils qui donnent une réalité matérielle aux idées. Outils de représentation graphique, de simulation, de conception, de fabrication, de mesures, d’essais, de communication, de diffusion, etc., tous ces outils qui mettent en relation l’idée d’un concepteur avec l’usager qui va utiliser ce produit. Mettre du sens sur tous ces processus revient à développer un esprit critique vis-à-vis de tous les autres produits grâce à ces outils

C’est à cette éducation technologique qu’il faut donner toute sa place. Il est temps d’ouvrir une large consultation sur un cursus complet d’éducation technologique pensé dans la continuité du temps scolaire et à la mesure des enjeux du siècle à venir. Plutôt que des décisions précipitées, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de surseoir à la mise en application des textes adoptés par le Conseil Supérieur de l’Education, de mettre en place une commission de réflexion, largement ouverte, qui poserait sans ambages cette question de la place d’une éducation technologique pour tous, à côté d’une éducation scientifique pour tous. Cette commission serait chargée explicitement de vous faire des propositions concrètes pour les enjeux et les défis des vingt prochaines années.

Signatures  :
1211 personnes le 30 mars 2005

Ignace Rak IA IPR STI honoraire de l’Académie de Paris, docteur en sciences de l’éducation en sciences et technologie et chercheur associé à l’ENS de Cachan, nous fait profiter de son expérience et de son analyse dans le texte suivant

Si la refondation complète des programmes s’inscrit dans les orientations d’une politique éducative clairement exprimée, par exemple par la communication publique des lettres de mission à Mrs Joutard (2003) et Secrétan (2004), alors on peut examiner cette question. Si cette refondation répond à des enjeux de tout autre ordre, par exemple enjeux sociaux pour la résolution des problèmes des élèves en difficulté, ou enjeux personnels par la mise en avant de promotion d’idées personnelles, alors on ne peut pas poursuivre son examen dans les questions ci-après, sauf par simple curiosité.

1
- Questions préalables : mettre les bœufs avant la charrue.

Des besoins nouveaux, en référence au monde de la technique, ont-ils été cernés pour justifier d’une récriture de l’éducation technologique « générale » pour les 10 ou 15 années à venir et aux trois niveaux que sont l’école primaire, le collège et le lycée dans un pays industrialisé comme la France dans le contexte européen ?

Repère 1

En 1984, une commission de travail, (COPRET 1) livre une étude de 2 années de travail qui débouche ensuite en 1985, soit une année supplémentaire de travail de spécialistes des deux inspections générales EG et STI, au programme de cette nouvelle discipline qui remplace éducation manuelle et technique sous le titre de « technologie ».

Dans la période récente, les besoins précédemment exprimés dans les programmes de 1985 et de 1996, ont-ils été pris en compte aux plans technique, didactique, pédagogique par les professeurs et sinon, sur quels points ne l’ont-ils pas été  ?

Repère 2

Depuis 1985 aucune évaluation pédagogique nationale et officielle n’a été menée dans les collèges auprès des chefs d’établissements, des professeurs de technologie et des autres disciplines, ni des élèves sur cette nouvelle discipline dans ses orientations de la COPRET 1 et du programme nouveau.

Quelles dispositions récentes ont-elles été prises dans les textes généraux sur le collège qui pourraient valoriser la discipline et ses conditions d’enseignement, ou qui au contraire affaibliraient son caractère disciplinaire ?

Repère 3

Trois dispositions officielles ont été prises avant le début de la mise en place en mars 2004 de la deuxième commission de rédaction du programme de technologie qui réorientent la discipline vers une mission prioritaire d’information vers des métiers professionnels : alternance avec les LP et les entreprises proposée dès la fin de 5°, nouvelle classe de 3° de pré orientation vers les LP, projet de nouveau brevet des collèges reléguant la technologie au 3° rang des disciplines du collège.

Doit-on supprimer les champs disciplinaires actuels et les remplacer par une éducation à l’environnement, du consommateur et à la construction d’un projet personnel pour refonder la discipline dans le recrutement des professeurs et la formation des élèves, ou, maintenir les trois disciplines, domaines, spécialités de base que sont l’économie et gestion, l’électronique et la mécanique ?

Repère 4

Jusqu’à aujourd’hui, aucune discipline nouvelle d’enseignement n’a été créée sans qu’elle soit assise au niveau universitaire sur l’une des disciplines existantes à ce niveau.

Si la réponse est non à la majorité des points ci-dessus, il est inutile de passer aux points suivants. Mais on peut toujours les examiner, par simple curiosité.

2
- Conditions : entre satisfaction et insatisfaction.

Pourquoi les orientations préconisées par la commission présidée par l’historien et recteur Joutard n’ont-elles pas été retenues par le ministère en 2003 et font l’objet d’une grande discussion dans le projet de programme rédigé par l’Inspecteur général de sciences physiques D. Secrétan : les lettres de mission sont elles en contradiction avec les besoins et les désirs des professeurs et/ou avec des pré orientations politiques ?

Repère 5

Les lettres de mission de Monsieur le Ministre aux deux présidents qui disent dans quelle direction les contenus du programme doivent s’orienter, n’ont pas été rendues publiques.

Pourquoi les deux inspections générales STI, EG et l’université en charge de la discipline lors des révisions de programme de 1985 et de 1996, de l’animation dans les académies et de la recherche en didactique, n’ont-elles pas été chargées de cette révision ?

Repère 6

Les deux inspections générales concernées ont su créer en 1985 cette nouvelle discipline d’éducation technologique conforme aux besoins éducatifs du monde industrialisé et commercial. Pourtant le ministère n’a pas jugé nécessaire de donner son autonomie à cette discipline en créant une inspection générale spécifique avec un corps d’IA IPR approprié.

L’établissement d’une épreuve de technologie à l’examen, ponctuelle ou en cours de formation, n’est elle pas une condition de sa reconnaissance et de la lisibilité des missions de la discipline ?

Repère 7

La discipline technologie au collège n’a pas de points de repère depuis le début de sa création pour les évaluations des résultats de son action auprès des élèves, car il n’y a pas d’épreuves ponctuelles d’examen comme dans les trois disciplines générales au brevet du collège en mathématiques, français et histoire géographie, ni d’exemples dans les documents d’accompagnement de technologie par la rédaction de contrôles ponctuels en cours de formation ou de contrôle continu.

Si l’on pense que la majorité des conditions ci-dessus ne sont pas requises, alors l’examen des points suivants concernant le programme est inutile. Mais on peut continuer si l’on est toujours curieux et si l’on considère qu’il est inutile d’exiger tout ou partie l’expression des besoins et des conditions ci dessus.

3
- Consultation : entre pour, ou, accord

Est-ce que l’on peut se prononcer par oui ou non sur des finalités alors que l’on sait qu’en éducation elles ne peuvent pas être évaluées et qu’elles sont souvent rédigées sous des formulations générales pour obtenir un consensus ?

Repère 8

Si des finalités ne peuvent pas être évaluées tant elles sont vagues, les quatre missions confiées à la technologie depuis 1985 peuvent l’être au travers des capacités des élèves à la fin du collège : cerner des contenus, des contextes techniques du travail et des métiers d’aujourd’hui non limités à leur projet personnel ; discerner dans une situation d’activité technique, ce qui appartient à la production par des personnes, de produits artificiels en les différenciant des produits d’origine minérale, végétale, animale ; maîtriser les bases et les techniques des moyens de traitement et de transmission de l’information ; participer à la conception et réaliser en équipe des produits techniques en série selon une démarche de projet technique.

Un corps de 19000 professeurs de technologie formé à la prise en compte régulière des évolutions technologiques, peut-il refuser une évolution des contenus techniques de sa discipline ?

Repère 9

L’existence d’un tel corps professoral astreint à de nombreuses formations techniques initiales et continues en économie et gestion, électronique, mécanique, fondent une véritable discipline.

Si la réponse est non aux deux questions, alors la qualification de professeur de technologie est confirmée. Mais si votre curiosité est toujours aussi vive après ces trois étapes, nous vous invitons à ausculter le programme proposé pour le plaisir de passer son temps à faire un travail inutile.

4- Programme : entre rupture ou refondation

Une analyse succincte et la plus objective possible aboutissent à constater les faits suivants :

suppression de la phase de production en 6° (prototype, maquette, robots seulement), sur projet technique en 5°, 4°, et en 3°, limitation à une partie de la phase de conception (prototype) sans industrialisation, avec un remplacement par la « démarche d’investigation » et de réalisations situées au sein de la « démarche de développement de produits »,

abandon explicite du terme de « pratiques socio techniques » pour fonder les savoirs de la discipline,

suppression de la formation de base au « traitement de l’information » et son remplacement par un apprentissage d’utilisateur de l’ordinateur en qualité « d’outil » (comme les autres disciplines, pas plus, pas moins),

remplacement des quatre situations d’apprentissage par 1 seul thème en 6° (transports) en y intégrant l’histoire des objets techniques et remplacement des scénarios et unités par 2 thèmes en 5° (architecture, urbanisme et habitat - biotechnologie et agro-alimentaire), des scénarios et unités par 3 thèmes en 4° (informatique, automatismes et domotique - communications et réseaux),

en 3°, deux réalisations : un produit pluri technologique (concrétisé par une maquette et/ou prototype réalisé unitairement) avec un service associé et un produit numérique sur le « projet personnel » de chaque élève en 3°,

maintien d’une action pédagogique forte sur l’évaluation.

Trois questions clés parmi d’autres.

Quelles sont les raisons argumentées d’un point de vue de responsables de la discipline, d’un point de vue de chercheurs universitaires et d’experts extérieurs au système éducatif, qui a fait remplacer la démarche de réalisation sur projet technique par un enseignement strictement scolaire organisé autour de thèmes ?

Repère 10

Parmi les apports que la recherche universitaire en France a proposé, celui de J.L. Martinand « L’éducation technologique à l’école moyenne en France, problèmes de didactique curriculaire » dans le N°1 de janvier 2003 de la revue canadienne en langue française, « L’enseignement des sciences, mathématiques, et des technologies », permet d’aborder l’étude de l’avenir de la discipline dans une approche pragmatique et préalable à la rédaction de solutions nouvelles, ainsi que celle de J. Lebeaume en 1999 dans « L’éducation technologique » aux éditions ESF.

Repère 11

Aucune recherche universitaire dans les thèses de doctorat de ces 20 dernières années, ni des expérimentations pédagogiques conduites par professeurs de technologie sur le terrain, n’ont porté sur cette réorientation et donc validé cette rupture.

Repère 12

Aucune innovation, telle que les concours de robots ou autres concours, n’a été validée par la recherche universitaire ou de l’INRP pour transformer le dernier projet programme en guide de réécriture, donc d’improvisations non contrôlées, même si l’on peut concevoir que cela puisse faire partie d’une des dimensions de l’éducation technologique, avec toute sa place, mais rien que sa place.

*

Puisque la démarche d’investigation est celle adoptée pour l’ensemble des 4 années du collège, à quelles références des pratiques sociotechniques des activités et des produits du monde du travail elle peut être comparée, sinon aux seules activités de maintenance ou de veille technologique dans le démontage et le remontage d’objets techniques ?

Repère 13

La démarche d’investigation sur des objets et systèmes techniques est repérée dés les années 1960 au travers de « l’analyse technique » dans sa méthodologie (« fiches d’informations pédagogiques et techniques » N°102-103 de mars avril 1961 dans un article de F. Canonge professeur à l’ENNA de Paris), d’exemples d’enseignements (« fiches d’informations pédagogiques et techniques » N°110 de janvier 1962 par le démontage et remontage d’un poste de travail, d’une serrure de porte à 4 gorges, d’une jante à rayons, d’un réducteur, d’une pompe à membrane par le Lycée St Cricq à Pau et « L’ingénieur et le technicien de l’enseignement technique » N°107 de juillet 1963 par le démontage, l’observation, le démontage et l’observation comparative de pièces de deux porte-mines de marque différente, leçon détaillée et commentée par R. Ducel professeur à Pau).

Repère 14

Dans les années 1980 est créée dans les lycées d’enseignement technologique, l’option de seconde « agencement » basée sur le démontage, l’observation des pièces constitutives d’un système technique et le remontage, rapidement abandonnée en raison notamment de son coût, pour faire place quatre années après à l’option « technologie des systèmes automatisés ».

Repère 15

Yves Deforge IA IPR STI dans une postface de 65 pages ajoutée en 1989 à une réédition du célèbre ouvrage de G. Simondon « Du mode d’existence des objets techniques » et après une critique des anciens programmes d’EMT sur le démontage et le remontage d’objets techniques, signale la quasi impossibilité d’envisager dans le futur, l’accessibilité à l’intérieur des objets techniques contemporains en raison des lois d’évolution vers le petit (la miniaturisation), vers le fermé (lisse et clos, parfois jetable), le qui marche tout seul (par rapport à l’utilisateur), vers l’autonome (autonomie énergétique et informationnelle).

La production artisanale étant largement abordée dans l’enseignement primaire, pourquoi le même système de production unitaire est retenu au collège alors que c’était, d’un point de vue éducatif, le système de réalisation de série des produits matériels et de services principalement étudié et objet de comparaison dans les deux programmes précédents comme objet d’étude ?

Repère 16

Le monde de la technique dans ses activités et dans ses produits matériels et de services est majoritairement caractérisé par sa production en série qui obéit à d’autres méthodes, utilise d’autre outils matériels et intellectuels, mobilise des activités de travail en équipe et en coresponsabilité pour réaliser et commercialiser des produits complexes respectant des normes avant sa mise à disposition au grand public, alors que le secteur artisanal respecte essentiellement les règles de l’art.

Si vous pensez que les démarches de réalisation sur projet technique doivent être remplacées par les démarches d’investigation et de développement de produits unitaires dans les domaines techniques du transport, de l’architecture, de l’urbanisme et de l’habitat, des biotechnologies et l’agroalimentaire, de l’informatique, des automatismes et de la domotique, de la communication et des réseaux, alors il faut vous attendre à un plan de recyclage de cinq années équivalent à celui entrepris pour les 10000 professeurs entre 1985 et 1990.

Si une agrégation tri disciplinaire (économie et gestion, électronique, mécanique) était envisageable et pourtant refusée parce quelle ne correspondait déjà pas à une discipline universitaire, une autre agrégation multidisciplinaire est elle envisageable ?

Puisque vous avez été, pour certains, jusqu’au bout de ces quatre étapes d’un parcours de construction ou de reconstruction de la discipline technologie au collège, vous devez logiquement revenir à l’étape N°1 pour vérifier si le programme répond aux besoins.

La première étape d’analyse des besoins et de l’existant n’ayant pas été faite, vous êtes dans une situation de proposition de solutions qui peut être éventuellement satisfaisante, tout comme on peut le supposer dans une démarche de projet technique, être dans la situation d’offrir un produit qui ne répond pas aux besoins de la société française.

novembre 2004

Et malgré tout le ministère publie le programme de 6°, au BO N° 3 du 20 janvier 2005, pour une application à la rentrée 2005.

Nous attendons encore à ce jour (4 avril 2005) les textes d’accompagnements, les offres réelles de formation et l’attribution des moyens humains et matériels nécessaires à cette ambition.

C’est la fin du feuilleton de l’automne !

En attendant le printemps, chacun hibernera pour méditer sur l’avenir avec ce petit jeu :

Le petit jeu de la virgule du ministère !

Cherchez la différence entre les quatre extraits de textes édités par le ministère sur son site (note de bas de page N° 5, de la page 114 et page 117). Avez-vous le bon texte ?

Texte 1, édité le 20 janvier.

« Produit  : « Ce qui est tiré d’une terre ou d’une industrie » (définition du Petit Larousse). On appelle produit ce qui peut être offert sur un marché de façon à y être remarqué, acquis ou consommé. Il peut s’agir d’objets physiques, de services, de personnes, de lieux, d’idées. La définition du produit consiste à analyser quels besoins sont satisfaits par son utilisation. »

Texte 1, édité le 24 janvier.

« Produit  : « Ce qui est tiré d’une terre ou d’une industrie » (définition du Petit Larousse). On appelle produit ce qui peut être offert sur un marché de façon à y être remarqué, acquis ou consommé. Il peut s’agir d’objets physiques, de services de personnes, de lieux, d’idées. La définition du produit consiste à analyser quels besoins sont satisfaits par son utilisation. »

Texte 1, édité le 26 janvier au matin.

« Produit  : « Ce qui est tiré d’une terre ou d’une industrie » (définition du Petit Larousse). On appelle produit ce qui peut être offert sur un marché de façon à y être remarqué, acquis ou consommé. Il peut s’agir d’objets physiques, de services, de lieux, d’idées. La définition du produit consiste à analyser quels besoins sont satisfaits par son utilisation. »

Texte 1, édité le 26 janvier après-midi.

(5) Produit : “Ce qui est tiré d’une terre ou d’une industrie” (définition du Petit Larousse). On appelle produit ce qui peut être offert sur un marché de façon à y être remarqué, acquis ou consommé. Il peut s’agir d’objets physiques, de services aux personnes, de lieux, d’idées. La définition du produit consiste à analyser quels besoins sont satisfaits par son utilisation.

En bon pédagogue, le ministre aurait pu répondre à cette bévue : «  C’était pour voir si vous suiviez ! … »


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